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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 3- septembre 2003


DU COTE DU PARLEMENT

Loi relative à l'urbanisme et à l'habitat

Cette loi n°2003-590 du 2 juillet 2003 est une loi "fourre-tout » : elle ne comporte pas moins de 98 articles divisés en 5 chapitres n’ayant pas de rapport entre eux mais concernant d’une manière générale l’urbanisme et l’habitat et notamment :

- sécurité des ascenseurs : trois obligations sont créées qui seront précisées par un décret en préparation : la mise aux normes du parc d'ascenseurs ancien, l'entretien des ascenseurs par un prestataire qualifié et le contrôle technique périodique de ceux-ci ;
- contrôle du 1 % logement : le texte augmente les pouvoirs de l'Agence nationale pour la participation des employeurs à l'effort de construction
- mesures pour les HLM, les SEM, la copropriété et le soutien de l'investissement locatif :
le texte organise la sortie du champ du logement social, des logements sociaux vendus aux locataires par le biais d'une société immobilière, le maintien du caractère social des logements locatifs des sociétés d'économie mixte qui auraient été vendus à de nouveaux propriétaires et le contrôle du caractère social des logements sociaux après transfert de propriété.
Concernant la copropriété, l'entrée en application des nouvelles règles comptables des copropriétés dont le décret n'est toujours pas sorti est reportée d’un an. Il a été décidé d’un assouplissement des règles de majorité dans les copropriétés pour les travaux d'accessibilité aux handicapés (article 24 au lieu de 25) et la suppression des vide-ordures (25 au lieu de 26).
La loi crée par ailleurs le nouveau régime "Robien" d'aide à l'investissement locatif ( voir notre flash fiscal en p.10).
Pour prévenir les accidents, encore trop nombreux, causés par le mauvais fonctionnement des installations de chauffage, le législateur, dans le cadre de la loi urbanisme et habitat, a mis de nouvelles obligations à la charge des propriétaires et occupants d'immeubles (obligation de mises aux normes…). Elles s'appliqueront aussi bien dans le cadre des constructions nouvelles que des logements existants.
- en matière d’urbanisme : se reporter au point complet p. 6


A NOTER AU JOURNAL OFFICIEL

Report de l'entrée en vigueur de la réforme de la dévolution du nom de famille au 1er janvier 2005

La loi n° 2003-304 du 4 mars 2002 relative au nom de famille devait, conformément aux dispositions de son article 25, entrer en vigueur le 1er septembre 2003. Il est apparu que l'élaboration et la publication des décrets indispensables rendues nécessaires par la législation nouvelle ne pouvaient être opérées dans les délais initialement prévus par la loi.
Une nouvelle loi n° 2003-516 du 18 juin 2003 reporte donc l'entrée en vigueur de la réforme au 1er janvier 2005.

Eau : l'individualisation des consommations des ménages est désormais possible

Au terme de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (article 93), tout service public de distribution d'eau destinée à la consommation humaine est tenu de procéder à l'individualisation des contrats de fourniture d'eau à l'intérieur des immeubles collectifs d'habitation et des ensembles immobiliers de logements dès lors que le propriétaire en fait la demande. La publication aujourd'hui du décret d'application de cette disposition va permettre la mise en oeuvre de cette mesure (décret n° 2003-408 du 28 avril).
Le propriétaire qui a formulé la demande prend en charge les études et les travaux nécessaires à l'individualisation des contrats de fourniture d'eau. Lorsqu'elle émane d'un propriétaire bailleur, la demande est précédée d'une information complète des locataires sur la nature et les conséquences techniques et financières de cette individualisation des contrats de fourniture d'eau.

Lutte contre les termites : une nouvelle norme pour l'état parasitaire

Applicable depuis le 5 avril dernier, cette norme, homologuée par l'AFNOR (Décision nº 2003-12 du 5 mars 2003 : JO, 1er avril), redéfinit la méthodologie applicable aux activités de recherche des insectes xylophages et autres agents destructeurs du bois : elle précise les compétences des experts chargés des recherches ainsi que les méthodes d'investigation pour élaborer le constat de l'état parasitaire.

Garantie des opérations d'accession à la propriété des organismes HLM

Depuis le 1er juillet 2003, les organismes HLM doivent souscrire une convention de garantie de leurs opérations de promotion et de vente d'immeubles auprès de la société de garantie des organismes HLM dont les statuts viennent d'être approuvés par deux décrets du 20 juin 2003 ( loi n° 2003-537 et n° 2003-538 - JO du 22 juin).

Simplification du droit

La loi n° 2003-591 du 2 juillet 2003 porte habilitation du Gouvernement à simplifier le Droit. A cet effet, elle lui permet de légiférer par ordonnances sur un certain nombre de sujets (dont le nouveau Code des marchés publics).
Le Conseil constitutionnel a décidé que cette loi était conforme à la Constitution. Il a, toutefois, fixé un certain nombre de limites à la latitude du Gouvernement à propos de l'article 6 de la nouvelle loi qui permet au Gouvernement de « créer de nouvelles formes de contrats (...) pour la conception, la réalisation, la transformation, l'exploitation et le financement d'équipements publics ou la gestion et le financement de services ou une combinaison de ces différentes missions ». Cela concerne donc le partenariat Public-Privé. Nous avions décrit les principaux points de cette loi dans notre Bulletin N°2-2003 en page 6.

Régime fiscal optionnel des sociétés d'investissement immobilier cotées

La Loi de finances pour 2003 (2002-1575 du 30 décembre 2002) institue un régime fiscal spécifique en faveur de certaines sociétés cotées qui ont pour activité la détention à long terme d'actifs destinés à la location. Le régime de faveur est optionnel et soumis à différentes conditions qui sont précisées par le décret d'application du 11 juillet 2003.

Adoption définitive de la loi de sécurité financière

Au terme de six mois de travaux parlementaires, le projet de loi sur la sécurité financière vient d'être définitivement adopté (loi n° 2003-706 du 1er août 2003). Divisé en trois volets principaux, le projet fusionne la Commission des opérations de bourse et le Conseil des marchés financiers en une Autorité des marchés financiers (AMF), encadre les activités de démarchage financier et de conseil en investissements financiers et apporte des modifications ponctuelles en droit des sociétés, spécialement quant aux fonctions de commissaire aux comptes. Il prépare également la fusion des autorités de contrôle des assurances, mutuelles et institutions de prévoyance.


Une nouvelle obligation d'information à la charge du vendeur d'immeuble

Le vendeur doit informer l'acquéreur des risques technologiques, naturels ou sismiques susceptibles d'affecter l'immeuble vendu. L'obligation d'information qui pèse sur le vendeur d'immeuble est à nouveau alourdie. En effet, la loi sur la prévention des risques technologiques et naturels permet aux préfets de délimiter des zones particulièrement exposées aux risques naturels ou technologiques, des zones de sismicité étant par ailleurs définies par décret en Conseil d'Etat.
Il en résulte l'obligation d'annexer à toute promesse de vente ou d'achat et à tout contrat constatant ou réalisant la vente d'un immeuble situé dans les communes concernées, un état sur l'existence de tels risques.
En outre, si l'un d'entre eux s'est réalisé avant la vente, et qu'il a donné lieu au versement d'une indemnité, mention doit en être faite dans l'acte authentique de vente.
Le non-respect de ces dispositions permet à l'acquéreur de demander la résolution de la vente ou la diminution du prix.
Un décret en Conseil d'État précisera les modalités d'application de cette nouvelle obligation.
Art. L. 125-5 du code de l’Environnement créé par La loi n° 2003-699 du 30 juill. 2003, art. 77 : JO, 31 juill.
Voir ci-après les autres dispositions de la loi relative aux risques naturels

Loi sur la prévention des risques technologiques et naturels

La loi relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages a été publiée au Journal officiel du 30 juillet dernier. Ce texte en deux volets a notamment pour ambition d'assurer une meilleure prévention des catastrophes industrielles et un traitement approprié de leurs conséquences.
Le premier titre du projet concerne les risques technologiques et crée notamment des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) autour de tous les sites classés «SEVESO», permettant d'interdire les constructions neuves dans les zones exposées. Afin de résorber les constructions en zone dangereuse, la loi crée un "droit de délaissement" : les propriétaires désireux de quitter la zone dangereuse pourront mettre en demeure les collectivités locales d'acheter leur bien. L'autorisation d'exploiter une installation classée est soumise à la présentation au préfet d'une étude de danger.
L'exploitant d'une installation classée cessant son activité est tenu de dépolluer le site et les terrains avoisinants. Les préfets peuvent prescrire des travaux de dépollution pendant toute la durée d'activité de l'entreprise. Ils peuvent en outre ordonner la mise à l'arrêt définitif d'une installation inexploitée depuis trois ans.
Enfin, un concept nouveau, l'état de «catastrophe technologique» donnera aux victimes la faculté d'être indemnisées par leurs assureurs plus rapidement et plus efficacement, dans un délai maximal de trois mois.
Le deuxième titre du projet de loi est consacré aux risques naturels, notamment à la lutte contre les inondations (voir également l’information ci-dessus).


Révision des prix de base au mètre carré des loyers «loi de 1948»

Un décret en date du 29 juillet dernier (n°2003-692) est venu préciser les modalités, à compter du 1er juillet 2003, de l'augmentation des prix de base au mètre carré des locaux d'habitation ou à usage professionnel soumis au régime de la loi de 1948 (augmentation de 4 à 6 % selon la catégorie du logement).

Archéologie préventive (suite)

Le Parlement a adopté définitivement le 22 juillet le projet de loi organique relatif à l'archéologie préventive (loi n° 2003-707 du 1er août 2003). Cette loi modifie la loi du 17 janvier 2001 qui avait confié le monopole des opérations archéologiques à l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP). Désormais, les opérations de fouilles seront ouvertes à la concurrence : des sociétés de droit public ou privé, tout comme des services territoriaux d'archéologie, pourront prétendre à réaliser ce type de travaux. C'est la fin du monopole de l'INRAP. De plus, cette nouvelle loi prévoit une redevance unique, sans lien avec les diagnostics archéologiques.

Loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine.

Cette loi n° 2003-710 du 1er août 2003 établit un programme national de rénovation urbaine estimé à 30 milliards d'euros sur cinq ans. Une Agence nationale pour la rénovation urbaine, sera chargée de la mise en oeuvre de ce programme. La mesure principale prévue par le texte consistera en la démolition, la construction ou la réhabilitation de 600.000 logements sociaux en cinq ans, pour un coût estimé à 30 milliards d'euros et une participation de l'Etat de 2,5 milliards pour la période 2004-2008. 41 nouvelles zones franches urbaines seront créées à compter du 1er janvier 2004.
Un autre volet du projet concerne le surendettement et instaure une procédure de « rétablissement personnel » fondée sur le modèle de la « faillite civile » issue du droit alsacien-mosellan.
Concernant les SA d’HLM, un amendement a supprimé la règle dite des 10 voix, en vertu de laquelle les actionnaires des SA de HLM ne disposent au maximum que de dix voix dans les assemblées générales, quel que soit le nombre d'actions qu'ils détiennent. Le dispositif adopté introduit au contraire une proportionnalité entre le nombre d'actions détenues et le nombre de voix.
En contrepartie, le dispositif introduit une représentation des collectivités territoriales et des locataires à hauteur de 33% des voix plus une, disposant ainsi d'une minorité de blocage.

Le plan de prévention des risques d'inondations de Paris (PPRI) approuvé par la préfecture

Le PPRI de Paris, qui définit les zones inondables et encadre leur constructibilité, a été approuvé le 15 juillet dernier par la préfecture de Paris.
Il a pour objet la prévention des risques d'inondations de Paris par débordement de la Seine en cas de survenance d'une crue atteignant aux ponts de Paris les cotes atteintes par la crue de janvier 1910. Il est établi en application des dispositions du Code de l'environnement (art. L. 562-1 et s.). Son élaboration a été prescrite le 17 juin 1998 par arrêté du préfet de région Île de France. Le document est consultable sur le site internet de la Préfecture : http://www.paris.pref.gouv.fr (rubrique téléchargement).

Décentralisation et expérimentation locale

Le quatrième alinéa de l'article 72 de la Constitution - issu de la loi constitutionnelle n° 2003-276 du 28 mars 2003 - permet, lorsque la loi ou le règlement l'a prévu, aux collectivités territoriales ou leurs groupements de déroger, à titre expérimental et pour un objet d'une durée limitée, aux dispositions législatives ou réglementaires qui régissent l'exercice de leurs compétences. La loi organique n° 2003-704 du 1er août 2003 a précisément pour objet la fixation du cadre de la mise en oeuvre de ces nouvelles dispositions constitutionnelles.

Référendum local

La présente loi organique a pour objet la mise en oeuvre du deuxième alinéa de l'article 72-1 de la Constitution, issu de la loi constitutionnelle n° 2003-276 du 28 mars 2003 relative à l'organisation décentralisée de la République. La loi organique fixe les conditions dans lesquelles peuvent être organisés des « référendums locaux », toujours à l'initiative d'une collectivité (commune, département ou région), la réponse de l'électeur ayant un caractère décisionnel.

REPONSES MINISTERIELLES

La garantie catastrophe naturelle et dommages causés par les termites

Compte tenu du coût de la remise en état des bâtiments infestés par les termites, un parlementaire interroge le gouvernement sur la possibilité d'une extension de la garantie catastrophe naturelle.
Les propriétaires concernés se trouvent souvent démunis pour établir un diagnostic sérieux et engager les traitements et travaux de remise en état d’un coût important de leur bâtiment endommagé par les termites. En réponse, le gouvernement rappelle que les travaux à titre préventif ou curatif de lutte contre les termites, ainsi que les diagnostics techniques préalables, peuvent être financés à l'aide d'une subvention de l'Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat (ANAH). En revanche, le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, introduit par la loi du 13 juillet 1982, ne sera pas étendu aux termites ou autres insectes xylophages.
Rép. min. n° 16941 : JOANQ, 14 juill. 2003, p. 5633

A NOTER AUX BULLETINS OFFICIELS

Rapport du Comité Consultatif pour la répression des abus de droit

Le Comité consultatif pour la répression des abus de droit vient de publier son rapport annuel pour l'année 2002 (Inst. du 14 mai 2003 - BOI 13 L-1-03). Il a examiné 43 affaires, dont 21 concernent des droits d'enregistrement. En ce qui concerne les montages relatifs à des apports démembrés à des SCI, en dépit de jurisprudences défavorables à l'administration de plusieurs Cours d'Appel, le Comité persiste à ignorer l'existence dans ce type d'opérations de motifs autres que fiscaux et n'y voit qu'un moyen de contourner le barème de l'article 762 du CGI. La persévérance et la pugnacité des contribuables est plus que jamais de mise.

Adaptation des règlements de copropriété

La commission relative à la copropriété a émis une recommandation nº 23 le 21 mai 2003 sur l'application de l'article 49 de la loi du 10 juillet 1965 relatif à l'adaptation des règlements de copropriété rendue nécessaire par des modifications législatives intervenues depuis son établissement. Elle explicite les dispositions de cet article, et répertorie les formalités à suivre lors de la procédure d'adaptation. Le dossier du prochain Bulletin de Cheuvreux (n°4-2003 – décembre) fera un point précis sur ce thème.

Sociétés civiles constituées avant le 1er juillet 1978 et non immatriculées au 1er novembre 2002 : conséquences fiscales.

L'Administration publie la réponse à la question écrite posée par M. Michel Sordi, député, qui précise les incidences fiscales de l'absence d'immatriculation au 1er novembre 2002 des sociétés civiles concernées et expose les atténuations des conséquences fiscales normalement applicables. Les conséquences seront atténuées si la nouvelle société en participation conserve son régime fiscal antérieur et si les biens sont repris au bilan fiscal de la société en participation pour la valeur à laquelle ils figuraient à l'actif de la société civile concernée. Cette réponse ministérielle devient donc la doctrine officielle de l’administration fiscale.
Bulletin Officiel des Impôts 4 H-4-03 n° 130 du 29 juillet 2003

EN PROJET

Droit des successions : les notaires font des propositions

Le Conseil Supérieur du Notariat a remis récemment au ministre de la Justice les résultats d'une enquête réalisée auprès de 3 000 notaires sur le droit des successions et des libéralités (testaments et donations). Cette enquête a donné lieu à la formulation de propositions visant entre autres à moderniser et simplifier les dispositions régissant le règlement des successions, notamment concernant l'identification des héritiers, les règles d'acceptation, la désignation systématique d'un mandataire chargé de l'administration avant partage, les règles de partage et les délais pour cette opération, les conditions de transmission d'entreprise, etc. Le ministre de la Justice devrait proposer un nouveau projet de loi en fin d'année pour un examen au Parlement au cours du printemps 2004.

La réforme du divorce est lancée

Le garde des Sceaux a présenté, lors du Conseil des ministres du 9 juillet, un projet de loi relatif au divorce. Etablie sur la base des conclusions d'un groupe de travail remises en avril au ministre de la Justice et au ministre délégué à la Famille, cette réforme a pour objet d'accélérer et d'aménager la procédure pour éviter les conflits entre époux et arriver à une résolution pacifiée des litiges.
Le divorce pour faute sera maintenu et le divorce par consentement mutuel sera désormais prononcé à l'issue d'une seule audience, sauf exception, ce qui permettrait de réduire le temps moyen entre la requête et l'assignation de neuf mois à deux mois. Le divorce accepté amènera désormais le juge à ne statuer que sur les effets de la rupture. Le projet de loi vise également à assouplir les conditions de révision de la prestation compensatoire en permettant aux héritiers du débiteur de la prestation de ne plus être tenus au paiement de celle-ci si le montant de la succession n'est pas positif. Le versement de la prestation compensatoire au moment du divorce pourra se faire en capital et en rente viagère, ces solutions ne pouvant être cumulées actuellement.

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