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 LES
ARCHIVES
LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 3 - Septembre
2001

Du côté des tribunaux
IMMOBILIER INSTITUTIONNEL ET PROMOTION IMMOBILIERE

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Amiante et transfert de l'obligation de recherche
L'obligation du vendeur de rechercher la présence d'amiante
peut être contractuellement transférée à
l'acquéreur. La Cour interprète strictement l'article
10 du décret du 7 février 1996, prévoyant que
lorsque les obligations de réparation pesant sur le propriétaire
ont été transférées à une personne
physique ou morale en application d'une loi ou d'une convention,
les obligations édictées par les articles 2 à
9 du décret - donc, entre autres, l'obligation de repérage
de la présence d'amiante - sont à la charge de cette
personne. Or, tel était bien le cas en l'espèce, une
clause du contrat le précisant clairement. Le transfert de
l'obligation de réparation entraîne donc automatiquement
le transfert de l'obligation de recherche.
Cass civ. 4 avril 2001- BRDA 9/07 p.7 et Dict.Perm.Droit des aff.
bull. n°552 p.8225
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DIVERS
Droit à l'image d'un bien immobilier
La Cour d'appel avait accueilli la demande du propriétaire d'une
île bretonne visant à interdire la reproduction photographique
de cette île pour une campagne publicitaire sur le fondement de
la protection du droit de propriété du propriétaire
de l'île. La Cour de cassation vient de censurer cette décision
au motif que la Cour d'appel n'avait pas précisé en quoi
l'exploitation de la photographie portait un trouble certain au droit
d'usage ou de jouissance du propriétaire.
Cass. Civ 1. 2 mai 2001. - Comité régional de tourisme de
Bretagne c/ Société Roch Arhon.
Experts immobiliers - agrément "conseil
juridique"
Un arrêté du 27 décembre 2000 a conféré
aux experts immobiliers l'agrément prévu par l'article 54
de la loi du 31 décembre 1971 pour donner, à titre habituel
et rémunéré, des consultations juridiques et /ou
rédiger des actes sous seing privé. A la condition toutefois,
qu'ils soient titulaire d'un diplôme sanctionnant une formation
en génie civil, construction ou bâtiment, et qu'ils soient
également titulaires d'une licence ou d'une maîtrise en droit
ou qu'ils aient une expérience professionnelle de 5 ans au moins
(3 ans s'ils sont titulaires d'un DEUG). Cependant, comme aucun texte
ne donne la définition exacte de la profession d'expert immobilier,
une incertitude demeure. Ne sont pas concernées les professions
réglementées (agent immobilier, experts fonciers
)
qui disposent déjà d'un tel agrément dans le cadre
de leur profession. AJDI 5 mai 2001
AGENT IMMOBILIER
Rédaction d'actes sous seing privé - rémunération
Des particuliers vendent directement et sans intermédiaire un
bien immobilier et demandent à un agent immobilier de prêter
son concours à la rédaction d'un avant-contrat. L'agent
immobilier peut-il rédiger ce type de contrat et toucher une rémunération
à cette occasion ? Un agent immobilier ne peut prêter son
concours à la rédaction d'un acte sous seing privé
que dans la mesure où la rédaction du contrat est l'accessoire
direct de sa prestation de recherche et/ou de négociation.
Réponse Ministérielle - JO du 9 octobre 2000 Rép.
Defr. N°11 du 15 juin 2001, article 37370 p 736
Commission et dédit de l'acquéreur
L'agent immobilier ne peut percevoir de commission faute de réalisation
effective de l'opération, ce qui est le cas lorsque l'acquéreur
exerce, par une transaction avec les vendeurs, la facultée de dédit
qui lui est donnée.
Cass civ. 15 mai 2001, Forterre
VENTE
Sort de la caution lors d'une vente immobilière
Le changement de créancier dans un cautionnement laisse intact
les éléments qui ont déterminé le consentement
de la caution. Ainsi une vente d'immeuble loué transfère
de plein droit à l'acquéreur le bail et les créances
à naître, ainsi que la caution qui en était l'accessoire,
en vertu de l'article 1692 du Code civil. Cette décision prend
le contrepied d'une décision récente de la Cour de cassation
(26 octobre 1999) qui avait jugé qu'à "défaut
de manifestation de volonté de la caution de s'engager envers le
nouveau bailleur, la vente de l'immeuble en cours de bail entraînait
l'extinction de l'engagement de la caution du preneur".
CA Paris 23 février 2001- AJDI 5 mai 2001
GARANTIES DU CONSTRUCTEUR
Malfaçons - assurance habitation - enrichissement
sans cause
Une maison d'habitation avait été construite avec d'importantes
malfaçons (fissures
). Les propriétaires les imputèrent
à la sécheresse et obtinrent un dédommagement de
leur assurance. Or, une expertise postérieure révéla
la véritable cause des dommages. L'assureur qui avait payé
se retourna alors contre l'entrepreneur et son assurance. La Cour de cassation
accueillit favorablement sa demande en vertu du "principe que celui
qui a payé la dette d'autrui de ses propres deniers a, bien que
non subrogé aux droits du créancier, un recours contre le
débiteur."
Cass civ. 4 avril 2001 - Droit et pat. Hebdo n°382
Peinture et garantie décennale
Le décollement de la peinture anti-corrosion se révélant
la première année suivant la réception peut être
couvert soit par la garantie de parfait achèvement, soit par la
garantie décennale. Il conviendra plutôt de rechercher la
garantie décennale qui couvrira tous les désordres sans
distinction de nature et ceux-ci seront en outre couverts par des fonds
d'assurance solvables.
CAA Bordeaux, 04/12/2000, Cne de Saint-Clémentin - RDI, avril-juin
2001, P 136
Caractéristiques de la notice et vice caché
Une société avait livré des panneaux qui ne présentaient
pas les caractéristiques convenues selon la notice fournie par
le fabricant. Cette défectuosité s'analyse en un défaut
de conformité et non en un vice caché.
Civ.1, 16/01/2001, GAN Incendies accidents / Trilatte - RDI, avril-juin
2001, P 162
PRET IMMOBILIER
Faute du bénéficiaire - délai d'obtention
du prêt
Lorsqu'une promesse de vente est consentie sous la condition suspensive
de l'obtention par les bénéficiaires d'un prêt, cette
condition est réputée accomplie si le bénéficiaire
en a empêché l'accomplissement. En l'espèce, la Cour
déclare que le fait que le bénéficiaire ne démontre
pas avoir déposé sa demande de prêt dans le délai
de 15 jours prévu à la promesse, est sans incidence sur
le défaut de réalisation de la condition suspensive, dès
lors que ce retard n'a pas empêché la banque de formuler
son refus d'accorder le prêt avant la durée d'expiration
de la condition suspensive. Il n'y a donc rien à reprocher au bénéficiaire
; la condition suspensive stipulée à son profit est réputée
non réalisée.
CA Paris 15 février 2001-AJDI 5 mai 2001
BAUX D'HABITATION
Perte de la chose et résiliation du bail
Dans le cas de la perte de la chose louée, le bail ne peut être
maintenu, de par la disparition de l'objet de l'obligation, et ce quand
bien même cette perte serait due à une faute du locataire.
Cependant, le locataire fautif pourra être condamné à
verser des dommages et intérêts au bailleur.
Cass civ. 04 avril 2001-AJDI Juillet 2001
Etat des lieux
La Cour de cassation rappelle une règle de la loi du 6 juillet
1989, classique mais rare : " S'il n'a pas été fait
d'état des lieux, le preneur est présumé les avoir
reçus en bon état de réparations locatives et doit
les rendre tels, sauf preuve contraire. "
Cass Civ 3ème 16 mars 2000 - Richard Crône - Rép.
Defr. N°12/01 p. 783
CREDIT BAIL
Publicité du contrat et procédure collective
Les sanctions prévues en cas de défaut d'accomplissement
des formalités de publicité sont différentes suivant
que le contrat de crédit-bail porte sur un bien mobilier ou immobilier.
En matière de crédit-bail immobilier, contrairement à
l'article 8 du décret de 1972, l'article 30 du décret de
1955 limite l'inopposabilité du contrat, aux tiers qui ont acquis
du crédit-bailleur des droits concurrents sur l'immeuble, ce qui,
à l'évidence n'est pas le cas des créanciers du crédit-preneur.
En conséquence, les créanciers du crédit-preneur,
représentés par le liquidateur ne sont pas, en tant que
tels des tiers, au sens de ces dispositions. Ainsi, la Cour de cassation
a jugé qu'un contrat de crédit-bail immobilier qui n'a pas
été publié, pouvait être opposé par
le crédit-bailleur à la procédure collective ouverte
à l'égard du preneur.
Cass. Com 15 mai 2001 SARL Literie Paloise c/ SA Eurobail BRDA 13/01 p.6.
CONSTRUCTION
"Kit" et contrat de construction
La construction d'un chalet livré en kit ne fait pas obstacle
à l'application des contrats de construction de maison individuelle.
Aussi, la mention "prêt à monter" sur les devis
n'exonère pas le vendeur de son obligation de construire.
Civ.3ème, 3 mai 2001, Mitre / Ets Léon Cuny MTP, 03 août
2001, P 46
 

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