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 LES
ARCHIVES
LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 3
- Septembre 2001

DU COTE DU PARLEMENT (suite)

A NOTER AUX BULLETINS OFFICIELS
Conséquences fiscales du passage à l'Euro
L'Administration fait le point sur les conséquences fiscales du
passage à l'euro dans une instruction du 2 juillet 2001 (inst.13
RC du 2-07-01 publié au BOI du 11 juillet). Elle aborde notamment
les obligations déclaratives des contribuables, le paiement de
l'impôt, le contrôle fiscal et le contentieux en abordant
de manière séparée ce qui est applicable aux particuliers
et aux entreprises.
Le régime d'imposition des plus-values de cessions de titres
Une instruction fiscale du 13 juin 2001(5 C-1-01, n° 119), publiée
au Bulletin Officiel des Impôts le 3 juillet dernier, commente le
régime d'imposition des plus-values de cession de valeurs mobilières
et de droits sociaux, qui avait été modifié lors
du vote de la loi de finances pour 2000. Plus d'un million de contribuables
sont concernés par cette interprétation des articles 150-0
à 150-0E du CGI. Les échanges de titres sont désormais
traités comme des opérations "intercalaires",
c'est à dire qu'ils bénéficient d'un sursis automatique
et non plus d'un report d'imposition. Il ressort également de cette
circulaire que les montages consistant à vendre des titres après
une donation-partage perdent une partie de leur attrait fiscal.
DU COTE DE L'EUROPE
La protection des consommateurs européens
Le Secrétaire d'Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce,
à l'artisanat et à la consommation a présenté
en Conseil des ministres, le 23 août, une ordonnance visant à
transposer sept directives communautaires relatives à la protection
des consommateurs dans le droit français.
L'ordonnance renforce la protection des consommateurs notamment :
- en matière de publicité : modification des dispositions
du Code de la consommation sur la publicité comparative ;
- en matière de commerce électronique : dans le cadre d'achats
de biens et services à distance, application des règles
sur la vente à distance aux services ; confirmation de l'exigence
du délai de rétractation de sept jours ;
- en matière d'action en justice : possibilité d'agir en
justice pour toute organisation de consommateurs appartenant à
un Etat membre afin de faire respecter les règles européennes,
et ceci quelque soit l'Etat où est commise la violation ;
- en matière de contrôle alimentaire : mise en place de mesures
de prévention et de contrôle dans le cadre de dispositions
de police administrative et de sanctions pénales.
Europe et droits d'auteur
La directive 2001/29/CE du 22 mai 2001 sur l'harmonisation de certains
aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société
de l'information a été publiée au JOCE L 167 du 22
juin 2001. La directive a pour but de "rénover" le droit
d'auteur à l'heure du numérique et de l'internet. La directive,
qui doit être transposée en droit interne dans les 18 mois
de sa publication au Journal Officiel, modifiera et complétera
l'arsenal législatif existant dans les Etats membres.
Obtention des preuves en matière civile ou commerciale
Le Conseil a adopté un règlement (N°1206/2001) le 28
mai 2001 qui vise à simplifier et accélérer la coopération
entre les juridictions des Etats membres en matière d'obtention
de preuves. L'objectif à atteindre est la rapidité dans
la transmission et le traitement des demandes visant à faire procéder
à des actes d'instruction.
EN PREPARATION
Loi de finances pour 2002 et PEA
Le plafond du Plan d'Epargne en Actions (PEA) devrait être relevé
par la prochaine loi de finances : il passerait à 120 000 Euros,
soit 31% d'augmentation pour les investissements donnant droit à
exonération fiscale. Les épargnants pourront désormais
placer des actions de sociétés européennes, le PEA
étant jusqu'ici réservé aux seuls titres de sociétés
françaises.
Approbation de la convention d'Aarhus
Le ministre des affaires étrangères a présenté
un projet de loi au Conseil des ministres du 23 août 2001 autorisant
l'approbation de la Convention d'Aarhus signée par la France et
34 autres pays européens le 25 juin1998.
Cette convention garantit la participation des citoyens au traitement
des questions liées à l'environnement, notamment en prévoyant
un accès approprié des citoyens à l'information,
la possibilité de participer aux processus décisionnels
et la possibilité d'agir en justice pour contester une décision
d'autorisation d'une activité pouvant porter gravement atteinte
à l'environnement.
Loi sur l'eau
La ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement,
Dominique Voynet, a présenté le 28 juin en Conseil des ministres,
un projet de loi portant réforme de la politique de l'eau, dont
les principaux objectifs sont les suivants : renforcer la transparence,
la démocratie et la solidarité dans les services publics
de l'eau et de l'assainissement (suppression des dépôts de
garantie, cautions, ou avances de consommation afin de faciliter l'accès
à l'eau potable), renforcement du principe pollueur-payeur (création
de la redevance spécifique sur les excédents d'azote...),
améliorer la décentralisation dans l'aménagement
et la gestion des eaux, renforcer l'exercice de la police de l'eau et
transposition de la directive fixant le cadre d'une politique communautaire
de l'eau.
Modernisation du statut des SEM
L'adoption définitive de la réforme du statut des Sociétés
d'Economie Mixte (SEM) se fera sans doute avant la fin de l'année,
le Sénat doit examiner le 18 octobre prochain la proposition de
loi adoptée en première lecture par l'assemblée nationale
le 27 juin 2001. Le texte simplifie les modalités de concours financier
des SEM (possibilités d'avance en comptes courants de la part des
collectivités actionnaires), clarifie la situation juridique des
élus mandataires des collectivités territoriales et permet
la création de SEM transfrontalières.
Révision des baux commerciaux (suite
et fin
?)
Suite à la confirmation de la jurisprudence "Privilèges"
par les arrêts du 30 mai dernier (voir Le Bulletin de Cheuvreux
n°2-2001), l'Assemblée Nationale a voté un amendement
à la loi MURCEF (Mesures Urgentes de Réformes à Caractère
Economique et Financier) actuellement à l'ordre du jour des travaux
du Sénat. L'article 13 bis A de cette loi exclut la possibilité
de réviser à la baisse le loyer après trois ans lorsque
la valeur locative est inférieure au loyer. Le Sénat, qui
avait réservé cette mesure à certains immeubles (bureaux
et locaux commerciaux de plus de 1000 m2), devra se prononcer sur cet
amendement à partir d'octobre prochain.
Des "holding" pour les professions libérales
Dans le cadre du projet de loi MURCEF (voir ci-dessus), un amendement
a été voté afin de permettre, pour l'ensemble des
professions libérales, la création de sociétés
"holding" sous la forme de "sociétés de participations
financières de professions libérales". L'objet de ces
sociétés est la prise de participations dans les sociétés
d'exercice libéral. Les membres de la "holding" seront
des sociétés ayant pour objet l'exercice d'une même
profession. Des participations minoritaires par des personnes exerçant
des professions autres que la profession exercée par les sociétés
filles seront autorisées selon des modalités prévues
par décret en Conseil d'Etat. Le texte définitif sera sans
doute adopté définitivement avant la fin de l'année.
Réforme des statuts des maires d'arrondissement
Le 25 juin 2001, l'assemblée nationale a adopté en première
lecture le projet de loi sur la démocratie de proximité.
Ce projet de loi est destiné à mieux associer les citoyens
aux décisions locales, notamment par la création des conseils
de quartiers. Le projet améliore les conditions d'exercice des
mandats locaux et assure la transparence du processus d'élaboration
des projets d'aménagement et d'équipement. Entre autre,
la loi PML (Paris, Marseille, Lyon) de 1982 est réformée.
Les maires d'arrondissement de Paris, Lyon et Marseille pourront bientôt
assurer la gestion des équipements de proximité et disposer
d'un droit de regard sur les plans locaux d'urbanisme (PLU). Des référendums
d'origine locale pourront être organisés dans les arrondissements
en matière d'urbanisme ou d'environnement.
Projet de loi DDOEF
Le 30 mai dernier, le Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie,
a présenté en Conseil des ministres un projet de loi portant
diverses dispositions d'ordre économique et financier (DDOEF).
Au programme de ce projet, on peut trouver notamment un nouveau cadre
juridique pour l'activité de démarchage de produits financiers,
une nouvelle définition du champ d'application de l'assurance construction,
une modification du régime des baux professionnels et une réforme
de la profession comptable (perte du monopole concernant l'expertise comptable
pour les experts-comptables).
Projet de loi LSI
Le 13 juin 2001, le Conseil des ministres a approuvé
le projet de Loi sur la Société de l'Information (LSI).
Les principales dispositions du projet de loi sont les suivantes :
- il favorise l'accès des citoyens à l'information sous
forme numérique ; - il garantit la liberté de communication
en ligne ; - il clarifie le cadre juridique applicable au commerce
électronique ; - il favorise le développement des réseaux
numériques ; - enfin, il renforce les moyens de lutte contre
la cybercriminalité. Concernant particulièrement le
commerce électronique, le projet pose le principe de la libre
circulation en France des services assurés par voie électronique
par des personnes établies dans un État membre de l'Union
européenne. Trois exceptions sont toutefois énumérées
: les jeux d'argent, paris et loteries ; les activités de représentation
et d'assistance en justice ; les activités des notaires dans
leurs missions d'officier ministériel. Pour favoriser le commerce
électronique, la validité des contrats conclus par voie
électronique est reconnue dans un nouvel article 1369-1 du
Code civil à l'exception d'une série d'actes sous seing
privés tels que ceux relatifs aux droits de la personne et
de la famille ou ceux soumis à homologation de l'autorité
judiciaire.
La loi devrait être discutée au Parlement en automne
pour être adoptée en début d'année 2002. |
 

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