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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 3
- Septembre 2002

LE DOSSIER - stratégie patrimoniale

DONNER SON ENTREPRISE : UN CHOIX STRATEGIQUE
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Le fait pour un chef d'entreprise de ne pas préparer
la transmission de son entreprise de son vivant peut être
fatal à celle-ci.
Fiscalement tout d'abord car le poids des impôts
dus lors du décès du chef d'entreprise est important.
Le décès d'un contribuable entraîne l'imposition
immédiate des revenus dont il a disposé pendant l'année
de son décès et des bénéfices industriels
et commerciaux qu'il a réalisé depuis la fin du dernier
exercice taxé.
Humainement ensuite car les héritiers se retrouvent en indivision
et doivent ainsi au moins pour un moment gérer ensemble l'entreprise,
sauf aménagement conventionnel. Or la gestion d'une entreprise
à plusieurs n'est pas l'idéal.
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Deux options s'offrent au chef d'entreprise désirant
transmettre son entreprise : la transmission sans réalisation immédiate
ou avec réalisation immédiate.
Dans la première hypothèse le chef d'entreprise utilisera
un testament afin de prévoir le partage de ses biens et éventuellement
le pouvoir de direction des bénéficiaires du testament sur
l'entreprise. Même si les opérations de règlement
peuvent être longues et ainsi porter préjudice au bon fonctionnement
de l'entreprise, la révocabilité du testament permet l'adaptation
à la situation familiale. Le chef d'entreprise peut encore utiliser
le contrat de mariage et prévoir dans celui-ci une clause d'entrée
en communauté du bien professionnel ou une clause d'attribution
au conjoint survivant. L'utilisation d'un contrat d'assurance vie peut
encore fournir aux héritiers les moyens d'acquitter les coûts
entraînés par la disparition.
Dans la seconde hypothèse qui seule retiendra notre attention,
le chef d'entreprise donne son entreprise, et la réalisation de
la transmission est immédiate.
Si l'entrepreneur n'a qu'un seul enfant la transmission pourra s'effectuer
par une donation simple. S'il a plusieurs enfants deux solutions s'offrent
à lui : la donation-partage à tous ses enfants ou la donation
simple au seul enfant repreneur de l'entreprise.
I- Les avantages de la donation.
La transmission par donation présente tout d'abord l'avantage
d'éviter tout désaccord entre les enfants à propos
de la succession après la disparition du chef d'entreprise et à
garantir la relève de celui-ci dans les meilleures conditions.
En effet la transmission s'effectue dans cette hypothèse sous l'autorité
morale du chef d'entreprise.
Un autre avantage de la donation partage réside dans l'évaluation
de l'entreprise à la date de l'acte de donation partage et non
à la date du décès pour le calcul de la réserve
et l'imputation des libéralités. Cette disposition dont
le principal intérêt est de permettre aux héritiers
de bénéficier des plus-values sur le bien, ne joue toutefois
que si tous les enfants ont été gratifiés dans la
donation-partage. Dans le cas contraire ou dans l'hypothèse d'une
donation simple, les autres héritiers seraient en droit d'exiger
une réduction de la donation en cas de plus-value.
La donation-partage permet également au donateur de gratifier
l'un de ses enfants de l'entreprise ou tout au moins de la majorité
au sein de celle-ci en utilisant la quotité disponible. Si celle-ci
s'avère insuffisante, le gratifié devra une soulte à
aux autres héritiers.
Afin d'éviter au repreneur le versement de cette contrepartie financière,
des auteurs ont imaginé la création d'une holding familiale
lui permettant de détenir seul le pouvoir alors que des droits
identiques ont été versé à la base.
En effet dans cette hypothèse les mêmes droits sont transmis
aux enfants. Par la suite ceux-ci apportent chacun une partie de leurs
droits à la holding afin que celle-ci détienne plus de la
moitié du capital de l'entreprise. L'enfant qui a apporté
la plus grande participation dans la holding détiendra ainsi seul
le pouvoir dans l'entreprise.
II- Les conséquences fiscales de la donation.
La donation de l'entreprise provoque deux types d'imposition, le paiement
de l'impôt sur le revenu et des droits de mutation à titre
gratuit.
A. Le paiement
de l'impôt sur le revenu.
La donation de l'entreprise entraîne, comme la vente de l'entreprise,
l'imposition des bénéfices réalisés non encore
taxés et des plus-values.
Toutefois l'exploitant d'une entreprise individuelle a la possibilité
d'échapper à la taxation des plus-values afférentes
aux éléments de l'actif immobilisé compris dans la
donation, grâce au régime de faveur de l'article 41 du Code
Général des Impôts (CGI).
Selon cet article, les plus-values constatées lors de la transmission
sont en effet exonérées de manière provisoire. Il
s'agit en fait d'un mécanisme de sursis d'imposition des plus-values
à la condition d'une part que les successeurs n'apportent aucune
modification à l'évaluation des éléments d'actif
transmis, ce qui aura pour conséquence que l'amortissement de ces
biens et les plus-values ultérieures, resteront calculées
sur ces bases inchangées, et qu'ils renoncent à former une
société pour l'exploitation de l'entreprise. (sauf application
du régime spécial de l'article 151 octies du CGI)
De plus, si le chiffre d'affaire annuel de l'entreprise n'excède
pas le double des limites du régime des micro-entreprises, les
plus-values latentes sont exonérées.
 

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