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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N°4 - 1997


URBANISME, AMÉNAGEMENT URBAIN ET COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

55 - COMMENT DÉTERMINER LES DROITS DE CONSTRUIRE SUR UN TERRAIN DIVISE ?

Ces deux jugements de tribunaux administratifs donnent des exemples intéressants des modalités de calcul des droits de construire sur un terrain divisé. Le premier précise que les dispositions d’un POS relatives à la superficie de terrain pour pouvoir construire, ainsi qu’aux possibilités maximales d’occupation du sol, sont au nombre des règles qui déterminent les « droits de construire » au sens de l’article L. 111-5. Il n’en va pas de même pour les règles concernant l’implantation des constructions. Dans le second, il est précisé que dans le cas où un permis de construire valant division parcellaire et où la SHON a fait l’objet d’une répartition, le plafond ainsi défini pour chaque parcelle s’impose à l’autorité qui a délivré le permis de construire.
TA Bastia, 26-09-96, SNC Diamant c/ Préfet de la Corse du Sud.
TA Melun, 06-03-97, SA Korios.
B.J.D.U., 4/97, p. 271 à 277.

56 - DANS QUELLES CONDITIONS UN PERMIS DE CONSTRUIRE TACITE PEUT-IL FAIRE SUITE A UN SURSIS A STATUER ?

A l’expiration de la durée de validité d’un sursis à statuer le pétitionnaire confirme sa demande. Le délai de deux mois à l’issue duquel intervient un permis de construire tacite n’est pas un délai franc. Il se compte de jour à jour. Faute de formalités de publicité, un permis tacite ainsi obtenu ne peut pas être retiré.
CAA Nantes, 30-12-96, M. Jean Chauveau.
B.J.D.U., 4/97, p. 278 et 279.

57 - DESTINATION DES CONSTRUCTIONS ET DROIT DE L’URBANISME.

Étude au combien utile d’une notion difficile à apprécier et relativement floue dans un certain nombre d’hypothèses. Après avoir examiné l’origine de la notion de destination, l’auteur examine sa signification en la comparant notamment avec des notions proches et essaye de la définir. Enfin, il procède à une étude exhaustive des différentes hypothèses qui peuvent se rencontrer.
P. Hocreitère.
Droit et Ville, p. 146 à 167.

58 - PREUVE D’AFFICHAGE : CONSTATS D’HUISSIERS CONTRE TÉMOIGNAGES.

L’absence de photographie n’affecte pas la valeur probante d’un constat fait par un huissier qui repose sur sa qualité d’officier public. La production de quatre attestations par des tiers indiquant qu’il n’y a jamais eu d’affichage sur le terrain ne permet pas de prouver le caractère non probant du constat d’huissier.
CAA Paris, 12-06-97, Association de Défense du Quartier Nation.
Droit administratif, août-septembre 97, 306, p. 32.

59 - LE MAIRE PEUT-IL RÉGLEMENTER L’INSTALLATION D’ANTENNES PARABOLIQUES ?

Le Tribunal administratif de Lille a considéré qu'en vertu des dispositions combinées de l’article L. 421-1 et R. 421-1 du Code de l’urbanisme , « les antennes d’émission ou de réception de signaux radioélectriques dont aucune dimension n’excède quatre mètres et, dans le cas où l’antenne comporte un réflecteur lorsqu’aucune dimension de ce dernier n’excède un mètre » n’entrent pas dans le champ d’application des règles relatives au permis de construire. Elle ne sont, dès lors, soumises à aucune réglementation au titre de l’urbanisme. Dans ses conclusions, le commissaire du gouvernement précise même qu’elles ne peuvent pas être réglementées dans le cadre du POS.
TA Lille, 29-05-97, Préfet de la région Nord-Pas de Calais c/ Commune de Seclin.
B.J.D.U., 4/97, p. 234 à 237.


Plan d'Occupation des Sols

60 - PEUT-ON MODIFIER LE POS POUR FAVORISER L’EXTENSION D’UNE ENTREPRISE ?

La modification d’un POS pour favoriser l’extension d’une entreprise installée dans la commune n’est pas entachée de détournement de pouvoir, puisqu’elle répond à un intérêt général de caractère économique et social.
CE 12-05-97, Association pour la sauvegarde du site de l’environnement de Vigoulet-Auzil (ASSEV).
B.J.D.U., 4/97, p. 238 à 243.

61 - A QUELLES CONDITIONS LA RÈGLE D’URBANISME PEUT-ELLE ÊTRE ADAPTÉE A UN PROJET PARTICULIER ?

Est entachée de détournement de pouvoir la délibération portant application anticipée de la révision d’un POS dont le seul objet est de permettre la réalisation d’un projet privé dépourvu d’intérêt général.
CE 09-07-97, M. Ben Abdulaziz Al Saoud.
B.J.D.U., 4/97, p. 250 à 252.


Certificat d'Urbanisme

62 - UN CERTIFICAT D’URBANISME DOIT-IL ÊTRE EXHAUSTIF ?

L’autorité qui délivre un certificat d’urbanisme n’est pas obligée, dans le cas où celui-ci est négatif de mentionner l’ensemble des limitations administratives au droit de propriété applicables au terrain d’assiette du projet. En revanche, quand il s’agit d’un certificat d’urbanisme positif, un oubli de cet ordre est constitutif d’une faute qui engage la responsabilité de la collectivité compétente.
CE 21-05-97, Société Télérad.
B.J.D.U., 4/97, p. 261 à 265.

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