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LE BULLETIN DE CHEUVREUX
N° 3 - 1998
Édito

Les lois de finances successives depuis de nombreuses années ont
violé le principe de la non rétroactivité de la loi.
Rappelons, à titre d'exemple, l'exonération des droits
de succession sur les appartements neufs supprimée par la loi de
finances pour 1983.
L'argument de notre administration fiscale était que l'avantage
fiscal ne se concrétise qu'au décès et non à
l'achat.
C'est ce même raisonnement qui a poussé Bercy à vouloir
remettre en cause dans la loi de finances pour 1999 l'exonération
des droits de succession relatifs à l'assurance vie.
Il semble, à l'heure où nous écrivons, que le gouvernement
fasse marche arrière, moins d'ailleurs pour des raisons juridiques
que politiques.
Il n'en demeure pas moins que cette pratique de tous nos gouvernements
consistant à soutenir par des incitations fiscales tel ou tel secteur
économique pour, une fois l'objectif atteint, reprendre ces avantages,
ne peut qu'inciter les conseils juridiques que nous sommes à une
certaine prudence.
En tout état de cause la "carotte" fiscale, souvent
motivante, est rarement déterminante.
Ronan Bourges

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