| |
 bulletin en PDF
(96 Ko)


Droit Patrimonial de la
Famille

Divers

Droit des Sociétés

Droit Immobilier

Urbanisme

Collectivités Locales

Contrats Administratifs

Fiscalité

Le Dossier

|
|

 LES
ARCHIVES
LE BULLETIN DE CHEUVREUX N°2 - 1997

Droit des Sociétés
Sociétés
09 - S.C.I. - RISQUES DEXTENSION DE LA
RESPONSABILITÉ.
La société civile immobilière permet disoler lactif immobilier
du patrimoine professionnel et de limiter les risques dune procédure
de liquidation ou de redressement judiciaire. Cependant, les tribunaux
se fondent sur plusieurs éléments pour étendre la responsabilité du ou
des dirigeants:
- la non-réunion des éléments constitutifs du contrat de société (pas daffectio societatis par exemple),
- le non-respect de lobjet social et/ou des dispositions légales : la non-tenue dassemblée générale ou labsence de comptabilité sont des caractéristiques souvent retenues, de même que des cautionnements répétés envers les dirigeants ou des loyers excessifs,
- une confusion du patrimoine : la société règle les dettes de lautre entreprise et vice-versa.
Les conséquences sont importantes : lactif immobilier sera ajouté à la
procédure pour régler les droits des créanciers et les associés de la
société civile immobilière seront personnellement et indéfiniment tenus
de la totalité du passif de la procédure unique, à proportion de leurs
droits dans la société.
A. Delfosse.
Conseils par des notaires, 218, p. 10 et 12.
10 - SOCIÉTÉ CIVILE IMMOBILIÈRE - ABUS DE CONFIANCE.
La chambre criminelle de la Cour de cassation souligne dans son arrêt
du 04-09-96 que le gérant dune SCI se rend coupable dabus
de confiance lorsquil prélève des fonds dans la société, par versements
sur son compte bancaire personnel, et lorsquil utilise ces fonds
à dautres fins que celles pour lesquelles ils devaient servir, sans
avoir reçu de mandat deffectuer ces opérations, irrégulières sur
le plan comptable. La Cour rappelle également que le concours financier
apporté par le gérant dune SARL à une SCI dans laquelle il a des
intérêts, néchappe pas à lincrimination dabus de biens
sociaux, dès lors que lexistence dun groupe de sociétés nest
pas démontré. Ainsi, en labsence dune politique commune et
dune véritable contrepartie entre les engagements des différentes
sociétés, le fait justificatif que la loi ne reconnaît quau bénéfice
des groupes de sociétés ne peut être invoqué.
Cass. crim., 04-09-96.
Bulletin Joly, février 97, 38, p. 107 à 112.
11 - GARANTIE DE PASSIF - CESSION DE PARTS
SOCIALES.
La Cour de cassation souligne dans son arrêt du 05-11-96, que lappréciation
dune garantie de passif, décidée par les associés à loccasion
dune cession de parts sociales, doit être faite par le tribunal
en recherchant si cette décision ne traduisait pas une augmentation des
engagements des associés, qui ne peut être décidée quà lunanimité.
Ainsi elle casse larrêt dappel au motif quil retenait
seulement que les associés apparaissaient avoir convenu à la majorité
de garantir le passif.
Civ. I., 05-11-96, Gabison c/ Castillo.
Bulletin Joly, février 97, 44, p. 131 à 133.
12 - CONVENTIONS RÉGLEMENTÉES OU INTERDITES.
La Cour de cassation dans son arrêt du 01-10-96 rappelle que «lopération
courante» est celle qui a été conclue dans le cadre de lactivité
ordinaire de la société et, sagissant dun acte de disposition,
celle qui a une portée limitée et a été arrêtée à des conditions suffisamment
usuelles pour sapparenter à une opération habituelle. En lespèce,
il sagissait de la convention conclue entre deux sociétés ayant
deux dirigeants communs, et dont lobjet était la cession pour un
franc symbolique des droits et obligations sur le matériel de 90 films
tombés dans le domaine public. La Cour décide que cette opération nétait
pas une opération courante au motif que la quantité de matériel cédé et
le caractère particulier des contreparties offertes rendaient douteuse
lexistence dun prix réel.
Cass. com., 01-10-96, SA Ariès et autres c/ SA Paravision International.
Bulletin Joly, février 97, 46, p. 138 à 141.
13 - PRÉSIDENT DU CONSEIL DADMINISTRATION
- DIRECTEUR GÉNÉRAL - RÉVOCATION ABUSIVE - CIRCONSTANCES BRUTALES ET INJURIEUSES.
Si le principe de libre révocabilité des mandataires sociaux posé à larticle
110 de la loi du 24-07-66 semble précis en théorie, il apparaît dans la
pratique comme lun des textes soulevant le plus de contentieux.
Dans son arrêt du 26-11-96, la Cour de cassation rappelle que pour apprécier
si la révocation dun président-directeur général revêt un caractère
abusif, le principe de libre révocabilité impose dexaminer les circonstances
dans lesquelles elle est intervenue et non les griefs qui lont motivée.
Le principe de la révocation ad nutum dans les sociétés anonymes classiques
autorise que le président du conseil dadministration soit remercié
à tout instant. Or, il est de droit pour le président en question dexposer
son point de vue devant les administrateurs. Mais, lapplication
de ce principe du contradictoire risque bien souvent de conduire à un
débat sur le bien-fondé de la révocation au regard de lintérêt social.
Ce fut la réaction de la Cour dappel qui analysait le bien-fondé
de la décision de révocation. La Cour de cassation casse larrêt
dappel et réitère lattachement exclusif aux circonstances
de la révocation lors de lappréciation du caractère abusif.
Cass. com., 26-11-96, SA Econcom Location et autres c/ Spilmont.
Bulletin Joly, février 97, 47, p. 141 à 145.
14 - SOCIÉTÉ EN FORMATION - CAUTIONNEMENT.
Le fait pour des époux dirigeants de céder leurs parts sociales après
avoir contracté un cautionnement solidaire des dettes de la société auprès
de la banque, na pas pour effet déteindre leurs engagements.
En effet, la disparition des liens de droit existants entre une caution
et un débiteur principal nemporte pas libération de la caution envers
le créancier. En lespèce, les époux cédants avaient prévu dans lacte
de cautionnement que celui-ci tomberait au jour de la révocation dûment
signifiée, et par là même, ne limitait pas lengagement à la durée
de leur activité au sein de la société.
Cass. com., 17-12-96, Sidéropoulos c/ Crédit lyonnais.
Bulletin Joly, mars 97, 77, p. 205 à 207.
 

retour au sommaire
|
|