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LE DOSSIER - DROIT
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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N°1 - 1998


LE DOSSIER - DROIT PUBLIC (suite)

II - Une collectivité locale peut-elle céder un bâtiment au franc symbolique ?
A la différence des cessions de terrains, la vente de bâtiment est une aide indirecte réglementée.
En effet, aux termes l’article L. 1511-3 du Code Général des Collectivités Territoriales, la revente ou la location de bâtiments par les collectivités territoriales doit se faire aux conditions du marché. Toutefois, il peut être consenti des rabais sur ces conditions ainsi que des abattements sur les charges de rénovation de bâtiments industriels anciens suivant les règles de plafond et de zones prévues par décret.3

Pour cette raison, le Conseil d’Etat dans un arrêt du 27 février 1995, commune de Châlons sur Marne, a annulé la délibération de la commune de Châlons sur Marne, autorisant une cession de bâtiment au franc symbolique. Dans cette affaire, la ville avait cédé pour le franc symbolique deux locaux situés dans les sous-sol de l’hôtel de ville à une SCI en vue de la réalisation d’une grande librairie. Le Conseil d’Etat a considéré que cette cession ne répondait pas aux conditions fixées par les textes en matière d’interventionnisme économique. Il a aussi estimé que la circonstance que ces locaux, dont les charges de copropriété pesaient lourdement sur le budget communal, n’auraient trouvé aucun preneur depuis 15 ans, et que l’opération aurait permis de redonner vie au commerce du centre ville est inopérante pour justifier la cession gratuite dès lors que les services des domaines avaient évalué le bien à 1,4MF.
En conséquence, à la différence des cessions de terrains, la cession au franc symbolique d’un bâtiment n’est pas possible car il s’agit d’une aide indirecte réglementée. Le fait qu’il y ait des contreparties n’y change rien.
Les textes créent donc une situation particulièrement illogique puisqu’une collectivité locale se trouve en présence de règles différentes lorsqu’elle veut céder un terrain ou un bâtiment au franc symbolique.


Michèle Raunet


1 RM JOAN, 10 juillet 1990, 8300, RM JOAN 2 janvier 1995, p. 99 ; voir également le manuel de l’action économique des collectivités locales, ministère de l’Intérieur, avril 1992.
2 TA de Besançon Préfet de la Haute Saône c/
3 DA 1997 décembre , 21


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