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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 1 - Mars 2002


Du côté des Tribunaux
DOIT PUBLIC

Retrait des actes administratifs - décision individuelle explicite créatrice de droits - décision illégale

Dans le cadre d'un contentieux concernant le droit de la fonction publique, le Conseil d'Etat rend un arrêt d'assemblée qui bouleverse les règles classiques relatives au retrait des décisions individuelles créatrices de droit.
Il considère en effet que " sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, l'administration ne peut retirer une décision individuelle créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. "
On peut se demander comment la solution dégagée par cet arrêt va s'appliquer en matière de permis de construire, et notamment va se combiner avec à la jurisprudence Vicqueneau.
CE, Ass., 26 octobre 2001, M. Ternon, req. n° 197018

CONTRATS

Délégation de service public - notion - rémunération par le résultat de l'exploitation

Par ces deux décisions, la Cour administrative d'appel de Marseille précise la définition de la délégation de service public. En premier lieu, pour avoir la nature d'une délégation de service public, un contrat doit avoir pour objet de déléguer un service public. En second lieu, la rémunération du cocontractant de l'administration doit être, comme l'a précisé le Conseil d'Etat, " substantiellement assurée par les résultats de l'exploitation ". En ce qui concerne l'appréciation de cette seconde condition, la Cour administrative d'appel a examiné si les cocontractants de l'administration étaient certains de dégager un bénéfice et s'ils supportaient un risque d'exploitation. Comme tel était le cas, la Cour a considéré que l'on était bien en présence d'une délégation de service public en dépit du fait que la collectivité délégante fournissait une partie de la rémunération.
CAA de Marseille, 5 mars 2001, Préfet du Var, 2 espèces
AJDA, 20 novembre 2001, page 968

Délégation de service public - contrats avec les usagers - interdiction des clauses abusives

Dans un règlement afférent à un contrat de délégation du service public de l'eau, plusieurs clauses mettaient des charges exceptionnelles au compte des abonnés. Le Conseil d'Etat applique pour la première fois explicitement la législation sur les clauses abusives du Code de la consommation à un règlement de service d'eau potable. Les clauses en question sont réputés non écrites, le reste du contrat demeurant valable. Arrêt inédit en ce qu'il juge la légalité d'un acte administratif au regard d'une législation ayant plus souvent matière à s'appliquer en droit privé.
CE 11 juillet 2001, Sté des Eaux du Nord - Droit administratif 2001 , n°10

DOMAINE PUBLIC

Domanialité publique en volume - déclassement - aliénation

Le tribunal administratif a précisé qu'aucune règle de la domanialité publique s'oppose à ce qu'une commune déclasse un lot de volume d'un immeuble appartenant au domaine public et le vende à une personne privée à condition qu'il n'y ait pas de partie commune avec les éléments de l'immeuble qui demeurent dans le domaine public.
TA Versailles, 13 mars 2001, Gilles,
Droit administratif, novembre 2001, p. 18

Ponts - Domaine public routier - domaine fluvial - composition

Les ponts appartiennent au domaine public routier et non fluvial. En conséquence, c'est le propriétaire de la voie qu'ils supportent qui est chargé de son entretien.
CE, 26 sept. 2001, Dpt Somme,
Droit administratif, novembre 2001, p. 19

Chemin ruraux et non-usage
Le droit de propriété de la commune ne se perd pas par son non usage. La commune est autorisée à procéder aux travaux de remise en état dès lors qu'elle respecte le droit de propriété des riverains.
Cass civ 26 septembre 2001 Maffre / Cne de Saint-Just-Sur-Viaur Dict Perm Agr, n°330, P 1667

Compétence des juridictions administratives - contrats de vente immobilière
Cet arrêt rappelle que tout litige portant sur un contrat de vente d'un bien immobilier faisant partie du domaine privé de la commune est de la compétence du juge judiciaire.
Cass civ 1ère Commune de Roquebrune sur Argens.

Les droits réels sur le domaine public
Ambiguïtés et limites

Les lois du 5 janvier 1988 et du 25 juillet 1994 ont permis la constitution de droits réels d'une part sur le domaine public des collectivités locales et de leurs établissements publics et d'autre part, sur celui de l'Etat et ses établissements publics. L'auteur analyse ces deux textes et souligne leurs difficultés d'application et les limites de ces deux techniques qui tentent de combiner des mécanismes de droit privé et de droit public.
Christine Combe
Droit administratif, décembre 2001, p. 4


Les voies de recours contre les contrats irréguliers

Cet article fait un point très précieux sur les différents recours qui peuvent être engagés à l'encontre d'un contrat dans lequel une personne publique est partie. Les recours selon qu'ils sont intentés par les parties, les tiers, ou le préfet ont des caractéristiques particulières quant à leurs conditions de mise en œuvre et produisent des effets juridiques différents.
Eric Delacour
Le Moniteur, 11 janvier 2002, p. 58


Les titulaires du recours en nullité des contrats
Comparaison du droit administratif et du droit privé

Cet article traite du même sujet que le précédent mais avec une approche différente. L'auteur compare, en effet, les différences de l'organisation des recours dans le droit des contrats administratifs et dans le droit des contrats privés. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les possibilités sont plus grandes dans le droit des contrats administratifs.
Julien Antoine
Droit administratif, novembre 2001, p. 4


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