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 LES
ARCHIVES
LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 2- Juin 2003

Du côté des Tribunaux
DROIT PUBLIC

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Ouvrage public – Intangibilité
– Exécution des décisions de justice –
Injonction
Le juge administratif ne peut ordonner la suppression
d’un ouvrage implanté de façon irrégulière
que si une régularisation appropriée est impossible
et que cette démolition n’entraîne pas une atteinte
excessive à l’intérêt général.
CE, 29 janvier 2003, Syndicat départemental de l’électricité
et du gaz des Alpes-Maritimes et Commune de Clans, n° 245239,
M. Debat, Rapp. – Mme Maugüé, C. du G.
AJDA, 21 avril 2003, page 784 |
Marchés publics – mandat
Le Conseil d’Etat a prononcé l’annulation
du 7° de l’article 3 du Code des marchés publics relatif
au contrat de mandat, au motif que cet alinéa de l’article
3 en prévoyant de façon générale et absolue,
que tous les contrats de mandat étaient exclus du champ d’application
du Code des marchés publics, méconnaissait les objectifs
de la directive 92/20 relative à la passation des marchés
publics de services.
CE Ass 5 mars 2003, Union nationale des services publics industriels
(UNSPIC) - AJDA, 14 avril 2003, p. 722
Voir aussi sur cet arrêt le numéro spécial de Contrats
publics, Mai 2003,
Laurent Richer, Le Moniteur, 11 avril 2003, page 86
DROIT ADMINISTRATIF GENERAL
Les dispositions impératives à caractère
général d’une circulaire ou d’une instruction
font grief - circulaire – recours pour excès de pouvoir –
recevabilité
Les dispositions impératives à caractère
général d’une circulaire ou d’une instruction
doivent être regardées comme faisant grief, tout comme le
refus de l’abroger.
CE Sect. 18 décembre 2002, Mme Duvignères, n° 233618
- AJDA, 17 mars 2003, page 487
Police administrative – concours des pouvoirs de police –
police spéciale des locaux insalubres et police générale
– article 42 du Code de la santé publique – compétence
du maire au titre de la police générale – obligation
de fermeture des locaux insalubres – légalité
Les pouvoirs de police générale du maire
lui permettent d’interdire l’habitation d’un immeuble
qui présente des dangers ou est insalubre alors même que
des pouvoirs de police spéciale sont dévolus à cet
effet au préfet par le Code de la santé publique.
CAA Paris, 24 octobre 2002, Commune d’Aubervilliers, n°
98-2376, J. Alfonsi, Rapp. – M. Haïm, C. du G. – BJCL
n° 4/03, page 272
CONTRATS ET MARCHES PUBLICS
Application des seuils à des marchés relevant d’une
même opération
Eu égard à l’identité d’objet
des travaux d’aménagement de la voirie (VRD/Espace vert et
éclairage public/feux tricolores), à l’évaluation
globale de leur coût prévisionnel, au fait qu’ils devaient
être réalisés à la même période
et qu’ils pouvaient être attribués dans leur ensemble
à une même entreprise, le seuil devait s’apprécier
au regard du coût global estimé desdits travaux et non en
fonction du coût estimé de chacun des lots.
CAA Bordeaux, 10 décembre 2002, Préfet de la Réunion,
n° 99BX00120 - Droit administratif – Editions du Juris-Classeur,
mars 2003, page 18
Passation – documents et qualifications
exigés des candidats – caractère strictement limitatif
de la liste énoncée par l’article 45 du Code des marchés
– entreprises n’ayant pas remis toutes les pièces mentionnées
aux articles 45 et 46 du Code des marchés – absence de régularisation
possible
1. La liste des
documents énumérés à l’article 45 du
Code des marchés publics est strictement limitative.
2. Les pièces
mentionnées aux articles 45 et 46 du Code des marchés doivent
être fournies dès le dépôt des candidatures.
CE 13 novembre 2002, OPHLM de la communauté urbaine du Mans
CE 13 novembre 2002, Commune du Mans - BJCP, Mars 2003
Prestations de services confiées aux SEM – soumission au
Code des marchés publics
L’article L. 1523-2 du Code général
des collectivités locales ne permet pas de soustraire au Code des
marchés publics, les contrats par lesquels une collectivité
publique confie à une SEM locale l’exécution de prestations
de services.
CE 30 décembre 2002, Département des Côtes d’Armor
- AJDA, 3 mars 2003, p. 394
DOMAINE PUBLIC – DOMAINE PRIVE
Bail emphytéotique – notion – clause
résolutoire de plein droit - incompatibilité
La cour a jugé qu’une clause de résiliation
en faveur du bailleur en cas de non–paiement du loyer confère
à la jouissance du preneur une précarité incompatible
avec la constitution d’un droit réel. Cet arrêt est
très important pour les collectivités locales, tant dans
la gestion de leur domaine privé, que de leur domaine public.
Cass 14 novembre 2002 Société Groupe Lactalis c/ Consort
Ponsich - BJCP, mars 2003, p.164.
DROIT DE PREMPTION URBAIN
Notification de la décision de préempter – délai
de deux mois – silence - présomption de renoncement à
la vente
La notification d’une décision de préemption
par une commune ouvre un délai de réponse de deux mois au
propriétaire. Si ce dernier ne répond pas dans le délai,
il est réputé avoir renoncé à la vente quand
bien même le bénéficiaire du droit de préemption
aurait saisi le juge de l’expropriation en fixation du prix.
Il devait avant l’expiration de ce délai de deux mois après
la notification, accepter l’offre qui lui était faite d’aliéner
au prix indiqué, soit maintenir ses prétentions et accepter
la saisine du juge de l’expropriation par la commune.
Cass 3ème Civ 12 mars 2003 - Droit et Pat. Hebdo n° 470
du 7 mai 2003
Annulation de la décision de préempter postérieure
à la revente du bien préempté
Lorsque le bien préempté illégalement
a été revendu, aucune disposition ne permet à la
juridiction administrative, saisie en vue de faire exécuter l’annulation
de la seule décision de préemption, de prescrire des mesures
tendant à la remise en cause de la revente du bien. C’est
un litige distinct. La revente du bien fait donc obstacle à ce
que soient mises en œuvre les mesures qui permettraient d’exécuter
l’annulation de la préemption.
CE 26 février 2003 – N°231558, Bour
De l’information au droit d’accès
: quelles sont les obligations des collectivités territoriales
en matière de communication de documents ?
La loi du 17 juillet 1978 modifiée par la
loi du 12 avril 2000 organise le droit d’accès aux
documents administratifs. L’auteur analyse de manière
tout à fait précise l’ensemble des obligations
de l’administration en ce domaine.
Sophie Boissard - Bulletin Juridique des Collectivités
Locales n° 4/03, page 234
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La passation des conventions
domaniales
En principe, les conventions d’occupation du domaine public
sont passées librement. Toutefois, cette liberté trouve
ses limites d’une part dans le fait que ces contrats sont
parfois également des délégations de services
publics et des marchés publics et d’autre part dans
le droit de la concurrence. L’auteur fait un point utile sur
ces questions.
Rémi Rouquette - Droit administratif – Editions
du Juris-Classeur, mars 2003, page 6
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