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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 2 - Juin
2001

LE DOSSIER - URBANISME ET AMENAGEMENT

LA LOI SOLIDARITE ET RENOUVELLEMENT URBAIN
(SRU)
Les grands objectifs de la loi en matière d'urbanisme
Parmi les 209 articles de la loi SRU, son article 55 qui a institué
un quota de 20 % de logements sociaux par commune visant à instaurer
la mixité sociale et qui a prévu des sanctions pour les
communes ne respectant cet objectif a focalisé tous les débats
sur la loi SRU.
Cependant, force est de constater, que la loi SRU constitue à
la fois la plus importante réforme du droit français de
l'urbanisme depuis les lois de décentralisation et une refonte
significative du droit de l'habitat et des transports.
En matière d'urbanisme, il apparaît à la lecture
de la loi que le législateur a essayé de faire en sorte
que les objectifs suivants soient atteints :
L'agglomération est au cur des politiques
urbaines
L'une des ambitions majeure de la loi est de placer l'agglomération
au cur des nouvelles politiques urbaines. L'instrument retenu pour
atteindre cet objectif est le schéma de cohérence territorial
(SCOT). La substitution de cet outil au schéma directeur, au-delà
du changement d'appellation, répond à une ambition nouvelle,
celle d'en faire l'expression juridique du projet d'agglomération
pris dans toutes ses composantes : habitat, environnement, développement
économique, loisirs, commerces, transports et stationnement. Ainsi,
le SCOT devient opposable non seulement aux documents d'urbanisme traditionnels
mais aussi aux documents de planification concernant l'habitat, les transports
et le commerce.
Le législateur a également veillé à la pertinence
territoriale du périmètre de ses documents qui devront être
d'un seul tenant et sans enclave. Il doit tenir compte également
des périmètres des groupements de communes, des agglomérations
nouvelles, des pays et des parcs naturels ainsi que des périmètres
déjà définis des PDU, des schémas de développement
commercial
Pour inciter à l'élaboration de ces documents, l'article
L. 122-2 du Code de l'urbanisme dispose que dans les communes situées
à moins de 15km de la périphérie d'une agglomération
de plus de 15 000 habitants ou à moins de 15 km du rivage de la
mer, en l'absence de schéma de cohérence territoriale, les
zones naturelles et les zones d'urbanisation future délimitées
aux plans locaux d'urbanisme ne peuvent pas être ouvertes à
l'urbanisation.
Le document d'urbanisme local (PLU) n'est plus seulement un règlement
foncier mais se veut un projet d'aménagement et de développement
durable,
La réforme du document d'urbanisme local va bien au-delà
d'un changement de dénomination. Ainsi la lecture de l'article
L. 123-1 du Code de l'urbanisme avant et après l'intervention de
la loi SRU permet de se rendre compte de l'ampleur de la réforme.
L'ancienne rédaction présentait d'emblée le POS comme
un règlement foncier. Le PLU conserve cette fonction, mais le nouvel
article fait apparaître que la détermination des règles
d'occupation du sol est nécessairement précédée
de la définition du projet d'aménagement et de développement
durable retenue par la commune.
Le législateur affirme le caractère global de ce projet.
Désormais, les PLU doivent couvrir l'intégralité
du territoire d'une ou plusieurs communes et surtout, la loi confie au
seul PLU le soin de déterminer les règles d'occupation du
sol à l'intérieur des ZAC : le PAZ est supprimé.
Le renouvellement urbain est favorisé,
Privilégier la densité urbaine et lutter contre l'étalement
urbain sont les idées force de la loi. La planification urbaine
est reconfigurée en vue de lutter contre l'étalement urbain
- voir notamment l'article L. 122-2 précité -. Par ailleurs,
afin de favoriser la réalisation d'une ville plus recentrée,
la loi prévoit la suppression du plafond légal de densité
; du versement pour dépassement de coefficient d'occupation des
sols. Elle interdit aux plans locaux d'urbanisme (PLU) de fixer des règles
de superficies minimales à respecter pour des terrains constructibles,
sauf pour des raisons d'assainissement. Surtout l'article L. 111-5 du
Code de l'urbanisme est supprimé ; cet article prévoyait
que la constructibilité d'un terrain issu d'une division devait
être examinée au regard de la constructibilité résiduelle
de l'unité foncière initiale. Désormais, les règles
d'urbanisme seront appliquées au terrain faisant l'objet de la
demande sans qu'il soit besoin d'examiner si ce terrain est issu de la
division d'un terrain bâti. Ainsi des emprises inconstructibles
avant la loi vont retrouver leur constructibilité en cas de division
après la loi.
La participation des administrés est généralisée
Le champ d'application des procédures de concertation
et d'enquête publique est considérablement étendu
:
- L'article
L. 300-2 du Code de l'urbanisme soumet à concertation préalable
toute élaboration ou révision de SCOT ou de PLU.
- Par
ailleurs, plus aucun document d'urbanisme ne devient opposable aux tiers
sans avoir fait au préalable l'objet d'une enquête publique.
Ainsi l'élaboration ou la révision des SCOT et cartes communales
sont désormais soumises à enquête publique. Par ailleurs,
la procédure d'application anticipée et la phase de rendu
public dans la procédure d'élaboration des documents d'urbanisme
sont supprimées.
 

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