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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 4- décembre 2003


Du côté des Tribunaux
DROIT PUBLIC

Domaine public – illégalité d’une délibération portant déclassement – exception d’illégalité à l’occasion d’un recours contre le permis de construire
Le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité d'une délibération portant déclassement ou changement d'affectation du domaine public ne peut être invoqué à l'encontre d'un permis de construire un bâtiment sur une parcelle du domaine public.
CE 23 avril 2003, Association Vivre à Endoume – Défense et Environnement, req. n° 24 9918.

MARCHES PUBLICS –DELEGATION DE SERVICE PUBLIC

Marché public – définition – organisme de droit public – droit communautaire – application
La notion d’organisme de droit public au sens de la directive 92/50/CEE du Conseil du 18 juin 1992, portant coordination des procédures de passation des marchés publics de services, s’étend à une société ayant pour objet l’achat et la vente de biens immobiliers destinés aux entreprises privées dont le capital est détenu par une commune et dont l’activité a un objectif d’intérêt général.
Cour de justice des Communautés européennes, 22 mai 2003 n° C-18-01
AJDA n° 29 du 8 septembre 2003 p. 1558


Passation – avis d’appel à concurrence – mentions obligatoires – durée de la délégation – absence d’obligation systématique (1ère et 2ème espèces)

La durée de la délégation n’est pas systématiquement une « caractéristique essentielle » de la délégation devant figurer dans l’appel public à concurrence, dès lors qu’elle est conforme à l’usage pour le type de prestations envisagées. Mais elle doit, en tout état de cause, être communiquée au plus tard aux candidats lors de la préparation de leurs offres (1ère et 2ème espèces) et la durée indiquée dans l’appel à concurrence (7 ans) ne doit pas ensuite (25 ans) varier de façon radicale (1ère espèce).
1ère espèce : CAA Paris (4e ch. B) 10 avril 2003, Société Géraud et associés, req. n°s 99-4142 et 00-160 – M. Koster, Rapp. – M. Haïm, C. du G. – Me Gueguen, Me Grave, Av.
2ème espèce : CE 28 mai 2003, Assistance publique – Hôpitaux de Paris, req. n°s 248.429 et 248.430 Bulletin juridique des contrats publics n° 30 septembre 2003 p. 385

Seuils – calcul des seuils – notion d’ « opération » pour un marché de travaux
Le Conseil d’Etat n’admet pas le recours en cassation contre une ordonnance rendue par le juge de référé pré contractuel de Bordeaux, qui avait considéré que ne se rattachait pas à une seule et même opération des travaux de grosses réparations à réaliser dans les collèges du département de Haute-Garonne entrepris par le Conseil général de ce département.
CE 16 mai 2003, Ministre de l’Intérieur c/ Département des Hautes-Pyrénées, req. 251.085.
Bulletin juridique des contrats publics n° 30 septembre 2003 p. 403


Double autorisation des assemblées délibérantes pour les marchés publics des collectivités territoriales – portée et éventuelle modification de cette jurisprudence.
L'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales prévoit que « sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier (…) 6° de souscrire les marchés (...) ». Des termes de l'arrêt du 5 décembre 2002 de la cour administrative d'appel de Lyon, commune de Montélimar, il peut se déduire que, si à la date à laquelle le conseil municipal a autorisé le maire à signer un marché, l'avis d'appel public à la concurrence n'avait pas été publié, l'acte d'engagement n'était pas établi et ni l'identité de l'entreprise attributaire, ni le montant exact des prestations n'étaient connus du conseil municipal, alors celui-ci ne disposait pas des informations suffisantes pour lui permettre d'exercer sa compétence et, par suite, en l'absence d'une telle délibération préalable, la signature du marché par le maire serait irrégulière. Cette jurisprudence paraît remettre en cause la faculté pour les organes délibérants d'autoriser, par une seule délibération en amont, le lancement de la procédure et la signature du contrat, à la condition que cette décision contienne des indications précises sur les caractéristiques précises du marché envisagé et son montant.
RM QE n°15463
Bulletin juridique des contrats publics n° 30 septembre 2003 p. 416

  • Les référés
    Un dossier est consacré aux référés dans les contrats administratifs. Il est fait une présentation exhaustive du régime et des règles de procédures propres à chacun des cinq référés : le référé précontractuel, le référé suspension, la suspension sur déféré, le référé provision, le constat d’urgence et le référé instruction.
    Mireille BERBARI, François-Charles BERNARD, Alexandre LE MIERE, Max Mbouhou, Sébastien PALMIER
    Contrats publics n° 26 – octobre 2003 p. 28

Les partenariats publics privés sont au cœur de l’actualité, deux articles récents font le point sur le sujet :

  • Montages contractuels de financement et de réalisation d’équipements publics
    Marie-Thérèse SUR-LE LIBOUX ; Contrats publics n° 26 – octobre 2003
    p. 59
  • Domanialité publique, service public et partenariats public-privé
    Pascal CUCHE ; Droit Administratif – Editions du Juris-Classeur n° 10 – octobre 2003 - p.5

  • Les avenants
    L’auteur répond à une série de questions pratiques en matière d’avenants. Il permet ainsi d’avoir un point précieux sur l’état du droit en cette matière.
    Jean-Marc PEYRICAL
    Contrats publics n° 26 – octobre 2003 p. 64

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