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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 6 - NOVEMBRE 1999


FLASH FISCAL

PRINCIPALES MESURES DU PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2000

Le projet de loi de finances pour l'an 2000 a été arrêté au cours du Conseil des ministres du 15 septembre 1999. L'Assemblée nationale examine ce projet depuis le 19 octobre 1999.

I - UN PROJET ORIENTÉ VERS L'IMMOBILIER

Dans ce projet, le gouvernement a mis l'accent sur la politique immobilière en espérant favoriser la croissance. Les deux mesures phares, applicables depuis le 15 septembre, concernent le logement. Il s'agit d'une part de la baisse de la TVA sur les travaux d'entretien du logement et, d'autre part, de la baisse des droits de mutation.
En outre, le projet prévoit d'autres allégements fiscaux en faveur du logement : suppression sur deux ans de la contribution représentative du droit de bail, report de la date limite d'achèvement des logements ouvrant droit à l'amortissement Périssol.

1) La baisse de la TVA sur les travaux dans le logement

Tout d'abord, le taux de TVA applicable aux travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans est abaissé de 20.6 % à 5.5 % pour les factures émises à compter du 15 septembre 1999. L'instruction 3 C-5-99 du 14 septembre 1999 précise le champ et les modalités d'application de la mesure.

Le taux réduit de 5.5% s'appliquera à tous les travaux facturés à partir du 15 septembre 1999, même à ceux pour lesquels des acomptes ont été versés avant cette date, quelle que soit la date d'achèvement des travaux.

Le taux réduit concernera :

  • les travaux d'amélioration (ex : réalisation de l'isolation thermique ou acoustique d'un logement),
  • les travaux de transformation (ex : aménagement d'un grenier en chambre d'enfant),
  • les travaux de gros entretien (ex : ravalement, réfection d'une toiture),
  • les travaux de petit entretien (ex : changement de moquette, pose de papier peint, travaux de peinture).
Les travaux doivent avoir pour objet de maintenir le local en bon état d'occupation, ce qui exclut les simples travaux ménagers tels que les travaux de nettoyage.

Le taux réduit ne s'applique pas aux travaux d'aménagement et d'entretien d'espaces verts.

La baisse du taux de TVA étant destinée à permettre l'amélioration de la qualité des logements existants, elle ne concerne pas les travaux de construction neuve, de reconstruction ou d'agrandissement d'immeubles (ex : surélévation d'une maison, construction d'un garage, d'une terrasse ou d'une véranda).

Le taux réduit s'applique aux locaux à usage d'habitation. Demeurent ainsi soumis au taux normal de TVA, les travaux portant sur des locaux utilisés exclusivement pour l'exercice d'une activité professionnelle, commerciale, industrielle ou administrative (ex. : locaux loués à usage de bureaux, établissements scolaires, prisons, magasins, ateliers, hôtels).
Seuls les travaux portant sur des locaux achevés depuis plus de deux ans bénéficient de la mesure. Le bénéficiaire des travaux délivrera sous sa responsabilité au prestataire une attestation indiquant que le local a été construit depuis plus de deux ans et est à usage d'habitation.

La mesure ne fait pas de distinction entre les différents types d'habitat et s'applique :

  • aux maisons individuelles et aux logements situés dans des immeubles collectifs,
  • aux résidences principales et secondaires,
  • aux dépendances directement liées à ces maisons et logements (ex : balcons, cave, grenier, débarras, garages privatifs attenants à l'habitation),
  • aux parties communes des immeubles collectifs affectés à l'habitation.

Cette mesure concerne toutes les personnes, physiques ou morales, qui font faire des travaux : locataires, propriétaires occupants ou propriétaires-bailleurs, y compris bailleurs sociaux (HLM, SEM, …).

Le taux réduit concerne non seulement les prestations de main d'œuvre, mais également les matières premières, les fournitures et certains équipements (équipements sanitaires et appareils de chauffage notamment), dès lors qu'ils sont fournis et facturés par le prestataire.

Mais l'objectif est de substituer cette baisse de TVA aux réductions d'impôt existantes. En effet, en contrepartie de cette réduction de TVA, le gouvernement réduit les anciens avantages fiscaux :

  • les avantages liés aux gros travaux seraient réduits puisque l'actuelle réduction d'impôt serait transformée en un crédit d'impôt pour gros travaux pour les factures émises à compter du 15 septembre 1999. Ce crédit d'impôt serait égal à 15% du montant des gros équipements, soumis au taux normal de la TVA, fournis dans le cadre de travaux réalisés sur des immeubles achevés depuis plus de deux ans et affectés à l'habitation principale du contribuable. Le nouveau crédit d'impôt s'appliquerait dans la limite d'un plafond pluriannuel couvrant la période du 15 septembre 1999 au 31 décembre 2002, fixé à 20 000 F pour une personne seule et 40 000 F pour un couple marié ;
  • le taux du crédit d'impôt pour dépenses d'entretien ou de revêtement des surfaces serait ramené de 20 % à 5 % à compter du 15 septembre 1999.

Ainsi, cette baisse de TVA ne sera pas nécessairement avantageuse pour les particuliers. Si on prend l'exemple d'un couple marié avec deux enfants qui fait des dépenses d'entretien pour 18656 F HT.
Avec le système antérieur, le couple bénéficiait d'un crédit d'impôt égal à 20 % du TTC avec un plafonnement à 22 500 F du montant des travaux TTC. Dans l'exemple, la TVA à 20.6% s'appliquait, ce qui faisait un TTC de 22 500 F environ. L'économie d'impôt s'élevait donc à 20% de 22 500 F soit 4 500 F.
Aujourd'hui, la TVA est de 5.5% au lieu de 20.6%, ce qui représente une économie de 2 817 F de TVA, à laquelle s'ajoute le crédit d'impôt de 5% soit 933 F. Au total, le contribuable n'économise plus que 3 750 F.
La baisse de TVA ne sera donc profitable aux particuliers qu'au-delà d'un certain seuil d'investissement.

Cependant, cette mesure devrait aider à lutter contre le travail " au noir " et à générer des emplois. En effet, les particuliers ont désormais intérêt à préférer les garanties offertes par les professionnels (établissement d'une facture, recours possibles) plutôt que les aléas du travail "au noir".

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