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LE BULLETIN DE CHEUVREUX N° 4 - Janvier
1999

Principales mesures de la Loi de Finances pour 1999
Adoptée définitivement par le Parlement le 18 décembre 1998, la Loi de Finances
pour 1999 a été soumise au Conseil Constitutionnel qui a rendu sa décision
le 28 décembre 1998. Cette Loi de Finances est particulièrement riche en
nouvelles dispositions, dont les principales sont exposées ci-dessous.
1 - Impôt sur le revenu
(règles générales)
Le plafond de droit commun de la réduction d'impôt résultant
de l'application du quotient familial est abaissé de 16 380
francs à 11 000 francs par demi-part dès l'imposition des revenus
1998. Création d'une réduction d'impôt de 5 380 francs maximum par demi-part
additionnelle pour les contribuables invalides, les anciens combattants
âgés de plus de 75 ans et les célibataires, divorcés, séparés ou veufs,
sans personne à charge, ayant élevé un ou plusieurs enfants dont le dernier
a moins de 27 ans.
Parallèlement, la limite de la déduction des pensions alimentaires
versées aux enfants majeurs est abaissée de 30 330 francs à 20 370 francs.
Pour les dépenses d'entretien et de revêtement des surfaces de l'habitation
principale payées à compter du 15 octobre 1998, le taux du crédit
d'impôt est porté de 15 % à 20 %. Par ailleurs, les plafonds de dépenses
prises en compte sont portés à 10 000 francs pour une personne seule et
à 20 000 francs pour un couple marié, majorés de 1 000 francs pour le premier
enfant et chacune des autres personnes à charge autre que les enfants, de
1 500 francs pour le second enfant et de 2 000 francs à partir du troisième.
Le dispositif des bons de souscription de parts de créateurs d'entreprise
(BCE) est étendu aux sociétés créées depuis moins de quinze ans
(ancien dispositif : la société devait être créée depuis moins de 7 ans).
Cette nouvelle mesure s'applique aux bons de souscription de parts de créateurs
d'entreprise attribués à compter du 1er septembre 1998. Nous rappelons que
les gains nets réalisés lors de la cession des titres acquis en exercice
des BCE sont imposables selon le régime des plus-values de cession de valeurs
mobilières au taux de 16 %, majoré de la CSG, CRDS et Prélèvement social
de 2 %, soit un total de 26 % (30 % majoré de la CSG, CRDS et Prélèvement
social de 2 %, soit un total de 40 % lorsque le bénéficiaire exerce depuis
moins de trois ans son activité dans la société émettrice à la date de la
cession des titres) ; ces gains nets sont exclus de l'assiette des cotisations
de sécurité sociale.
2 - Impôt sur les sociétés
Réintégration d'une quote-part de frais et charges. Pour la détermination
des résultats des exercices clos à compter du 31 décembre 1998, il
devra être procédé à une réintégration d'une quote-part des frais et
charges égale à 2.5% du produit total des participations reçues par
une société mère au sens de l'article 145 du CGI (montant distribué + crédit
d'impôt ou avoir fiscal). Le montant de cette quote-part ne peut pas excéder
le montant total des charges de toute nature incombant à la société mère
au cours d'un exercice. Ce dispositif reprend le mécanisme en vigueur avant
la loi n°92-1376 du 30 décembre 1992 qui prévoyait une quote-part à réintégrer
de 5 %.
3 - Taxe sur la valeur ajoutée
Les travaux de réhabilitation réalisés par les bailleurs de logements
sociaux (logements locatifs faisant l'objet d'une convention avec l'Etat
ouvrant droit à l'aide personnalisée au logement) qui bénéficient d'une
subvention de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH)
bénéficient indirectement du taux réduit de la TVA.
Le nouveau dispositif consiste non pas à taxer au taux réduit les travaux,
mais à accorder au bailleur le remboursement du différentiel existant
entre la TVA grevant le montant des travaux subventionnables par l'ANAH
(et non pas seulement les travaux effectivement subventionnés) taxés au
taux normal, et la taxe fictive calculée au taux réduit sur ces mêmes travaux.
Cette nouvelle disposition est applicable à tous les travaux pour lesquels
la décision de l'aide de l'ANAH est intervenue à compter du 1er janvier
1999.
4 - Revenus fonciers
Dispositif " BESSON "
Il est instauré un nouveau dispositif, appelé "dispositif Besson ", qui
accorde différents avantages fiscaux en faveur des bailleurs privés de logements
neufs et anciens.
Concernant les logements neufs. Le nouveau dispositif concerne
les personnes physiques ou les sociétés non soumises à l'IS, propriétaires
d'un immeuble urbain à usage d'habitation, situé en France
ou dans les DOM, acquis à titre onéreux neuf ou en l'état futur d'achèvement
à compter du 1er janvier 1999. Les propriétaires doivent
prendre l'engagement (option expresse et irrévocable) de louer nu
l'immeuble de manière continue durant une période de 9 ans minimum
à un locataire, autre qu'un membre du foyer fiscal ou qu'un ascendant
ou descendant, qui y établira sa résidence principale. Il existe des
conditions relatives aux ressources du locataire et au montant du
loyer.
- L'avantage fiscal consiste à pouvoir pratiquer un amortissement
sur le prix d'acquisition du logement et des travaux de reconstruction,
d'agrandissement de 8% pour les 5 premières années, 2,5 % pour les 4
années suivantes.
A l'issue de cette période, si le bail est poursuivi, reconduit ou renouvelé
avec le même locataire et que la condition de loyer reste remplie, le propriétaire
peut, par période de trois ans, et pendant 6 années supplémentaires au plus,
continuer à bénéficier d'une déduction de l'amortissement à 2,5 %. Il en
est de même en cas de changement du locataire à l'issue de la période de
9 ans, mais sous réserve que les conditions tenant au loyer et aux ressources
du nouveau locataires soient remplies.
En d'autres termes, l'amortissement maximum peut être de 65 %.
Par ailleurs, un amortissement de 10 % sur 10 ans du montant les travaux
d'amélioration peut également être pratiqué.
- Il faut noter que le bénéfice de l'amortissement a pour conséquence la
baisse du taux de la déduction forfaitaire, qui est ramené de 14 % à 6
%.
Attention : les déficits constatés par les bailleurs privés
conventionnés sont imputables sur le revenu global dans les conditions de
droit commun, c'est-à-dire dans la limite de 70 000 francs.
- Le propriétaire qui cède à titre onéreux ou gratuit (donation) l'immeuble,
ou qui rompt son engagement de louer à un tiers de façon continue pendant
9 ans le logement concerné ou durant la période triennale de prolongation
du bail telle qu'indiquée ci-dessus, se verra remettre en cause l'avantage
fiscal accordé. L'administration dispose dans ce cas du délai normal de
reprise de 3 ans.
Nota Bene : Le dispositif PERISSOL a été prorogé jusqu'au 31 août
1999 à la double condition que le permis de construire ait été obtenu avant
le 31 décembre 1998 et les travaux achevés pour le 1er janvier 2001.
Concernant les immeubles anciens. Les conditions d'application
de la nouvelle disposition sont identiques à celles exigées en ce qui concerne
les immeubles neufs, sauf pour les points suivants :
- les titulaires de droits démembrés peuvent bénéficier du régime présent.
- la durée de la location avec un même locataire doit
être de 6 ans.
- les logements doivent répondre à des normes d'habitabilité définies
par décret.
NB : un immeuble ancien est un immeuble ayant déjà fait l'objet d'une
occupation, et qui ne peut pas bénéficier des dispositions de PERISSOL ou
de BESSON immeubles neufs.
Les propriétaires d'immeubles donnés en location à compter du 1er janvier
1999 (baux en cours exclus) et remplissant les conditions définies ci-dessus
bénéficient d'une déduction forfaitaire majorée à 25% jusqu'au 31
décembre de la cinquième année suivant celle au cours de laquelle le bail
a pris effet.
Tant que la condition tenant au montant des loyers demeure remplie, le bénéfice
du taux majoré de la déduction forfaitaire est prorogé, par périodes
de trois ans, en cas de poursuite, de reconduction, ou de renouvellement
du contrat de location avec le même locataire (la condition
tenant aux ressources n'est plus exigée).
En cas de changement de titulaire du bail, le taux majoré
demeure également applicable sous réserve que les conditions de loyers et
de ressources du locataire soient remplies.
En cas de conclusion d'un bail avec un nouveau locataire après l'expiration
de la période de 6 ans, éventuellement prorogée, le taux majoré
de déduction forfaitaire s'appliquerait pour une nouvelle période de 6 ans,
si toutes les conditions restent remplies (plafonnement du loyer et ressources
du locataire).
Les éléments de remise en cause de l'avantage fiscal
accordé sont identiques à ceux mentionnés précédemment, relatifs aux immeubles
neufs.


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