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L' INTERCOMMUNALITE

Création et fonctionnement d'une communauté de communes en milieu rural

Bruno CHEUVREUX
Notaire à Paris 1er Adjoint au maire d'Ambillou (Indre-et-Loire)
Publié dans la revue "Collectivités territoriales - Intercommunalité - Mai 2001


arti du constat que les communes rurales sont dans l'impossibilité de fournir seules une réponse adaptée aux besoins sans cesse croissants d'intervention économique exprimés par la population, il m'a semblé tout à fait vital pour ma commune en tant qu'adjoint au maire de culture juridique puisque que je suis notaire, de profiter des dispositions de la loi d'orientation
n° 92-125 du 6 février 1992 dite "loi Joxe "relative à l'administration territoriale de la république (JO 8 févr. 1992, p. 2064 à 2083).

En effet, cette loi a donné de nouveaux atouts à la coopération intercommunale par l'institution de nouvelles formes de regroupements de communes. Cette loi a créé de nouveaux espaces de solidarité avec l'institution de deux nouvelles formules à vocation économique: les communautés de communes en vue de servir au développement des communes rurales et les communautés de villes vouées au développement urbain.
Plus particulièrement, le législateur a voulu faire de la communauté de communes une structure attractive en lui conférant des caractéristiques qui se révèlent particulièrement bien adaptées au regroupement des communes rurales.
En effet, la philosophie de telles communautés rompt avec l'approche traditionnelle des structures intercommunales il ne s'agit plus seulement de gérer des équipements ou des services publics communs, comme le faisaient notamment les SIVOM ou les SIVU, mais d'être un outil d'orientation des choix politiques et de planification des projets dans deux domaines précis : l'aménagement de l'espace et le développement économique (CGCT, art. L. 5214-16).
A cet égard, la loi a accordé à la communauté une fiscalité propre et donc la maîtrise des taux d'imposition, conditions indispensables à l'élaboration d'un budget adapté au financement des actions communautaires.
La communauté peut également opter pour un régime de taxe professionnelle à taux unique (CGCT, art. L. 5214-23), qui présente le double avantage de mettre fin aux luttes stériles que se sont livrées les communes dans la " course aux entreprises " et d'offrir à celles-ci un espace d'investissement cohérent. Une redistribution plus égalitaire des revenus engendrés par leur installation et leurs activités s'ensuivra tout naturellement.
On notera enfin que les compétences obligatoires transférées sont peu nombreuses- aménagement de l'espace, développement économique.
La loi a laissé aux communes une grande liberté pour le transfert facultatif d'autres compétences - environnement, équipement, logement, activités culturelles et sportives -. Dans la mesure où seulement " des " compétences en ces matières sont transférées et non " toutes " les compétences.
Cette structure a eu beaucoup de succès. En effet, destinée dans un premier temps aux communes rurales, elle s'est étendue en pratique en milieu urbain au détriment des communautés de villes dont on ne peut que constater l'échec.
Dans le cadre de la refonte de l'intercommunalité opérée par la loi 99-586 du 12juillet 1999 dite loi " Chevènement " relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale
(JO 13 juill. 1999, p. 10361 à 10395), la communauté de communes reste l'outil adapté pour les communes rurales alors que la communauté de ville disparaît. Les changements ne sont pas importants pour les communautés de communes: leur définition et leur objet restent les mêmes. Il s'agit d'associer des communes au sein d'un espace de solidarité en vue de l'élaboration d'un projet commun de développement et d'aménagement de l'espace (CGCT, art. L. 5214-1, al. 2. - sur le nouveau régime,
V. A.Gruber, La réforme de la coopération intercommunale : une nouvelle architecture pour l'intercommunalité : Petites affiches n° 32, p. 4 ; 33, p. 4 ; 34, p.16 ; 35, p. 4. - M. Degoffe, Le renforcement et la simplification de la coopération intercommunale : AJDA 20 nov. 1999, p. 991. - H. Groud, L'intérêt communautaire au lendemain de la loi Chevènement : AJDA 20 déc. 2000, p. 967).
Une différence importante avec le régime précédent est toutefois à noter : le législateur exige que les communautés de communes soient formées d'un " seul tenant et sans enclave ".
Aussi intéressante que soit la formule de la communauté de communes et aussi motivés que nous l'avons été, la création d'une telle structure fut un travail de très longue haleine. En outre, depuis sa création, nous nous heurtons à une difficulté importante : identifier et mettre en œuvre de vrais projets de développement rural à l'échelle du territoire de la communauté, ne visant pas seulement à satisfaire les intérêts propres de chacune des communes membres.

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