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Le changement automatique de la loi applicable
au régime matrimonial
par Marie-Laure
BAFFOY - juillet 2002
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a Convention
de la Haye du 14 mars 1978 est relative à la loi applicable au
régime matrimonial lorsque la situation présente un élément
d'extranéité (l'un des époux ou les deux sont de
nationalité étrangère et se marient en France ou
des français se marient à l'étranger).
Cette Convention est entrée en vigueur en France le 1er septembre
1992. Elle a déterminé la loi applicable au régime
matrimonial des époux mariés après son entrée
en vigueur. Le critère déterminant est la volonté
des époux :
- Soit les époux ont expressément manifesté leur
volonté au moment du mariage en désignant la loi applicable,
c'est alors la loi choisie qui régit leur régime matrimonial
(détermination subjective).
- Soit les époux n'ont pas exprimé leur volonté quant
à la loi applicable, on recherche alors leur intention implicite.
Pour cela la loi pose différents critères :
· La loi de la première résidence habituelle après
le mariage.
· La loi nationale commune des époux quand ils n'ont pas
de résidence commune après le mariage.
Les époux mariés avant le 1er septembre 1992 sont soumis
à la loi de leur 1er domicile matrimonial.
Une nouvelle disposition de la Convention de la Haye doit entrer en vigueur
le 1er septembre 2002 : la mutabilité automatique de la loi régissant
le régime matrimonial lorsque :
- la situation présente un élément d'extranéité.
- les époux se sont mariés après le 1er septembre
1992.
- Ils n'ont pas expressément choisi la loi applicable.
IL EST PRÉVU TROIS CAS DE CHANGEMENT AUTOMATIQUE
:
1. La loi de la résidence habituelle des époux devient
applicable si cette loi est aussi celle de leur nationalité commune.
Exemple : des époux français se sont mariés en
1993 en Angleterre où ils ont vécu après leur mariage.
(la loi applicable est alors la loi de leur 1ère résidence
habituelle c'est à dire la loi anglaise soit un régime
de séparation de biens).
Ultérieurement, ils retournent en France, le régime légal
français redevient applicable : c'est la communauté réduite
aux acquêts.
2. La loi de la nouvelle résidence habituelle des époux
devient applicable dès lors qu'elle a duré plus de dix
ans.
Exemple : des époux belges se sont mariés en France où
ils ont vécu après leur mariage (la loi applicable est
alors la loi de leur 1ère résidence habituelle c'est à
dire la loi française soit la communauté réduite
aux acquêts).
Par la suite, ils s'installent à Londres où ils vivent
pendant 10 ans, le régime anglais de séparation de biens
devient applicable.
On peut même imaginer des situations plus compliquées
par exemple : les époux belges retournent vivre en Belgique.
Ils seraient alors soumis successivement à trois régimes
matrimoniaux : communauté (France), séparation de biens
(Angleterre), communauté (Belgique : loi nationale commune).
3. La loi de la résidence habituelle commune dans le cas des
époux qui étaient soumis à leur loi nationale commune
à défaut de résidence habituelle commune après
le mariage.
Exemple : des époux anglais ont leur résidence dans des
pays distincts : le mari en France, la femme en Angleterre. A défaut
de résidence conjointe, leur loi nationale commune est applicable
(séparation de biens).
Ultérieurement, la femme rejoint son mari en France, le droit
français est alors applicable, ils sont alors soumis à
la communauté réduite aux acquêts.
Dans ces trois hypothèses (fréquentes en pratique), on
aboutit à l'application successive de différents régimes
matrimoniaux de nature et de philosophie totalement différentes,
et cela sans que les époux en aient le plus souvent conscience.
De plus, cette situation est risquée pour les créanciers
qui peuvent voir leur gage considérablement diminuer.
De plus, on imagine les difficultés inextricables de liquidation
(date de mutation, nature des biens, récompenses
) au moment
d'un divorce ou d'une succession.
IL EST TOUTEFOIS POSSIBLE DE FAIRE ÉCHEC
A LA RÈGLE DE LA MUTABILITÉ AUTOMATIQUE ET IL EST TRÈS
PRÉFÉRABLE DE LE FAIRE :
- Si des personnes se marient en France et que leur situation présente
un élément d'extranéité, il est nécessaire
de faire un contrat de mariage par lequel ils désignent la loi
applicable à leur régime matrimonial. Ainsi quels que
soient leurs changements de situation par la suite, leur régime
ne changera pas.
- Si des personnes se sont mariées sans désigner de loi
applicable à leur situation matrimoniale et que leur résidence
habituelle est destinée à changer, il leur faut modifier
leur contrat de mariage dans les formes prescrites par la loi applicable
à ce régime avant tout changement de résidence.
Exemple : la loi française régit le régime matrimonial
des époux et ils souhaitent qu'elle reste applicable, ils doivent
modifier leur régime dans les formes prescrites par l'article
1397 du Code Civil afin de spécifier que la loi française
restera applicable.
Cette procédure est relativement lourde mais les risques encourus
en cas de mutabilité automatique sont immenses.
D'après un article de Richard Crône paru au Defresnois du
30 septembre 2001.

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